Taschereau

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    Curiosités

    Curiosités

    Les histoires que le dépouillement fait lever sans les chercher : une coïncidence de dates, un détail cocasse, une singularité qu'un document laisse tomber en passant. Elles ne changent rien à la généalogie et ne remplacent aucun fait ; elles se lisent aussi sur la fiche de la personne concernée. Comme tout le reste du site, chacune cite le document dont elle est tirée, et n'affirme rien de plus que ce que ce document soutient.

    92 trouvailles retenues.

    • Charles-Antoine Taschereau, caché à Paris, décrit la Terreur à son frère

      Charles-Antoine Taschereau

      Charles-Antoine Taschereau, né à Québec en 1741, avait fait les campagnes de 1758, 1759 et 1760 sous Montcalm et Lévis quand il fut fait prisonnier à Montréal, à la reddition du pays, et envoyé en France ; il y resta au service du roi et n'en revint jamais. En 1803, il écrivit à son frère Gabriel-Elzéar, demeuré au Canada, ce qu'avait été pour lui la Révolution. Sa femme et lui se tenaient « le plus souvent caché et entièrement ignoré » ; « encore étions-nous assez connu pour être porté sur des listes de proscriptions » ; elle « ne pouvait sortir sans s'entendre menacer du glaive de la loi » ; ils changeaient de demeure « pour nous soustraire aux emprisonnements ». Rentrer était exclu : « Il n'était plus possible de songer à nous sauver en Canada, nos jours eussent été trop en danger. » Les églises étaient fermées ou démolies, et celles qui restaient debout servaient de magasins. De Robespierre, il écrit : « Les victimes étaient traînées en tombereaux en place de grève et les têtes étaient abattues sous le glaive. C'est ainsi que lui-même tomba sous le couteau dont il avait tant abusé. »

      Roy, La famille Taschereau, p. 21 (feuillet 28) ; p. 22-23 (feuillets 29-30) ; Dictionnaire biographique du Canada, DBC vol. VI, « TASCHEREAU, MARIE-ANNE-LOUISE, dite de Saint-François-Xavier » (dépouillement complet)

    • Charles-Philippe Taschereau noyé à l'entrée du port de Boulogne, 1841

      Charles-Philippe Taschereau

      Le 15 janvier 1841, à midi et demi, Charles-Philippe Taschereau, vingt et un ans, se noya à quelques encablures du port de Boulogne-sur-Mer. Né à Sainte-Marie de la Beauce, il s'était embarqué, son cours classique terminé, pour aller perfectionner ses études en Europe ; il arrivait du Canada en France à bord de la malle anglaise le Beaver. Le paquebot dut attendre en rade : la fonte des neiges avait grossi le courant, qui formait à l'entrée « une barre très dangereuse à franchir ». Le pilote Delpierre-Cator hésitait à aller chercher les dépêches ; son fils de dix-neuf ans, « imprudent et hardi comme on l'est à son âge », fit tant qu'il le décida, et ils partirent à huit dans un frêle galley. Ils atteignirent le Beaver sans encombre et y prirent, avec les dépêches, le second du navire et deux passagers, dont Taschereau. Au moment de repartir, le capitaine du Beaver, trouvant l'entrée difficile, insista pour qu'on revînt à bord : pour une heure de retard, disait-il, ce n'était pas la peine de s'exposer. Les rames retombèrent à l'eau. En dedans de la bouée, une lame frappa la barque par le travers et la chavira. Le capitaine, qui suivait tout à la longue-vue, fit mettre sa chaloupe à la mer. On repêcha le jeune Canadien, on le roula dans des couvertures de laine et on le porta dans « la cabine de la machine, l'endroit le plus chaud du bâtiment ». Il était trop tard. Le pilote et son fils périrent aussi.

      Le journal de Boulogne qui rapporte l'accident annonce huit morts et en nomme neuf. Il donne aussi Québec comme lieu de naissance du jeune homme, quand il était né à Sainte-Marie de la Beauce le 27 avril 1819.

      Roy, La famille Taschereau, p. 79 (feuillet 100) ; p. 80 (feuillet 101) ; p. 81 (feuillet 102) ; p. 82 (feuillet 103) ; p. 83 (feuillet 104) ; p. 84 (feuillet 105)

    • Les presses du Canadien brisées, Jean-Thomas Taschereau candidat depuis sa prison, 1810

      Jean-Thomas Taschereau

      Le 17 mars 1810, un peloton de soldats commandé par le capitaine Thomas Allison fit irruption dans l'atelier du Canadien, mit la presse hors de service et s'empara des papiers de la salle de rédaction ; l'imprimeur Lefrançois fut jeté en prison. Six membres de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada avaient fondé ce journal en 1806, Jean-Thomas Taschereau parmi eux, et ils y menaient la lutte contre le gouverneur Craig. Deux jours plus tard, le 19, Taschereau, Pierre Bédard et François Blanchet furent arrêtés et emprisonnés : on les accusait de « pratiques traîtresses ». Les élections générales eurent lieu en avril ; Taschereau, toujours en cellule, fut mis sur les rangs dans Dorchester et fut battu par John Caldwell, le fils du seigneur de Lauzon, par cinquante et une voix. Pendant deux mois, on lui refusa toute communication avec sa femme, ses amis et même ceux qui voulaient se charger de sa défense. À la fin de juin, faute d'avoir rien pu prouver, on le relâcha sous le prétexte que sa santé avait souffert ; il n'avait jamais été jugé.

      Les deux sources ne nomment pas l'accusation de la même façon : « pratiques traîtresses » — treasonable practices — chez l'une, « conduite séditieuse » chez l'autre.

      Roy, La famille Taschereau, p. 107-109 (feuillets 136 à 138) ; Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. VI, notice « TASCHEREAU, JEAN-THOMAS (1778-1832) » (taschereau_jean_thomas_1778_1832_6)

    • Jean-Thomas Taschereau meurt du choléra au lendemain de l'enterrement d'un ami, 1832

      Jean-Thomas Taschereau

      Le 13 juin 1832, à Québec, le juge Jean-Thomas Taschereau suivit jusqu'au cimetière le convoi d'un ami que le choléra venait d'emporter : il voulait lui rendre un dernier témoignage d'amitié. Le lendemain, la maladie l'enleva à son tour en quelques heures. Il mourut le 14 juin et fut inhumé le jour même dans le cimetière Saint-Louis. Il avait cinquante-trois ans et siégeait depuis cinq ans à la Cour du banc du roi. Le choléra asiatique était entré à Québec au début de juin, apporté par les navires venus d'Europe, et il allait tuer près de quatre mille personnes dans la région de Québec avant la fin de l'été.

      Que le juge ait pris le choléra à cet enterrement est ce qu'affirment les deux sources ; rien ne l'établit autrement.

      Roy, La famille Taschereau, p. 112 (feuillet 141) ; Dictionnaire biographique du Canada, DBC vol. VI, « TASCHEREAU, JEAN-THOMAS (1778-1832) »

    • Elzéar-Alexandre Taschereau prend le typhus à la Grosse-Île, 1847

      Elzéar-Alexandre Taschereau

      En 1847, l’abbé Elzéar-Alexandre Taschereau, vingt-sept ans, jeune professeur au séminaire de Québec et futur premier cardinal canadien, fut appelé à la Grosse-Île parce qu’il savait l’anglais. Le typhus ravageait cette station de quarantaine du Saint-Laurent, en aval de Québec : près de quatre-vingt-dix mille émigrants, en grande partie des Irlandais fuyant la Grande Famine, y passèrent cette année-là, et plus de trois mille moururent dans l’île. Taschereau y demeura huit jours avant d’être frappé à son tour. Conduit à l’Hôpital Général de Québec, il y resta trois semaines en danger de mort.

      Roy, La famille Taschereau, p. 131 (feuillet 172) ; p. 130 (feuillet 169) ; Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. XII, notice « TASCHEREAU, ELZÉAR-ALEXANDRE » (taschereau_elzear_alexandre_12) ; DBC vol. XII, « TASCHEREAU, ELZÉAR-ALEXANDRE »

    • Elzéar-Alexandre Taschereau fait ses adieux au séminaire de Québec, 1871

      Elzéar-Alexandre Taschereau

      En 1871, nommé archevêque de Québec, Elzéar-Alexandre Taschereau dut quitter le séminaire de Québec, où il était entré près de quarante-trois ans plus tôt, à huit ans et demi, et où il avait été écolier, puis professeur, puis supérieur. Devant ses confrères assemblés, il ne cacha pas sa peine : « J'avais espéré y vivre, y mourir, y reposer au milieu de ceux qui furent autrefois mes maîtres et mes modèles », leur dit-il, avant d'ajouter : « A mon grand malheur, j'ai prêché, exalté, recommandé et enseigné l'obéissance avec trop de zèle pour avoir le droit de m'y soustraire aujourd'hui ». Aux élèves du petit séminaire venus le féliciter de son élévation, il répondit qu'il avait eu « un beau jardin que je cultivais avec amour », et qu'un matin on était venu lui dire : « Votre jardin s'est agrandi : il est devenu un vaste champ, un diocèse, toute une province ! »

      Roy, La famille Taschereau, p. 132-133 (feuillets 173 et 174) ; p. 134-135 (feuillets 175 et 176) ; p. 131 (feuillet 172)

    • Antoine-Charles Taschereau présente les 92 Résolutions à la Chambre, 1834

      Antoine-Charles Taschereau

      Le 21 février 1834, Antoine-Charles Taschereau, député de Beauce au Parlement du Bas-Canada, présenta à la Chambre d'assemblée les 92 Résolutions. Rédigées par Louis-Joseph Papineau et Augustin-Norbert Morin, elles rassemblaient les griefs du parti patriote contre le gouvernement colonial : un Conseil législatif élu au lieu de nommé, le contrôle des dépenses publiques par les élus, la fin de la mainmise anglaise sur l'administration, la reconnaissance du français. Taschereau parlait en sa qualité de président du comité chargé d'examiner l'état de la province ; leur adoption fut proposée par Elzéar Bédard et Morin, et elles furent votées à une grande majorité. Londres les rejeta en bloc en 1837, et la rébellion éclata la même année.

      Roy, La famille Taschereau, p. 161 (feuillet 214)

    • Une main revient annoter le mariage de Louis-Alexandre Taschereau, 1891

      Louis-Alexandre Taschereau et Adine Dionne

      Le 26 mai 1891, dans l'église Sainte-Anne de La Pocatière, Louis-Alexandre Taschereau, avocat domicilié en la paroisse Notre-Dame de Québec, fils de l'honorable Jean-Thomas Taschereau, ancien juge de la Cour suprême du Canada, épousa Marie-Emma-Adine Dionne, fille mineure de l'honorable Thomas-Ubalde-Élisée Dionne, membre du Conseil législatif. Le cardinal Taschereau, archevêque de Québec, reçut leur consentement et leur donna la bénédiction nuptiale. Plus tard, une autre main est revenue sur la page et a ajouté, d'une encre plus pâle, sous les noms des mariés : « Ls. Alex. Taschereau est devenu premier ministre de la province de Québec. »

      Rien ne date la ligne ajoutée, sinon qu'elle est postérieure au mariage. L'index date par ailleurs ce mariage du 20 mai 1891 ; c'est l'acte, qui se dit du vingt-sixième jour de mai, qui est suivi ici.

      LAFRANCE (Drouin), LAFRANCE, mariage, La Pocatière (Ste-Anne) — acte M.9 du 26 mai 1891, image d1p_18310954.jpg ; réf. 13799888 (ligne d'index)

    • Gabriel Taschereau, quarante-neuf missions de bombardement puis ses mémoires

      Gabriel Taschereau

      Gabriel Taschereau s'enrôla dans le Corps d'aviation royal canadien au début de la guerre de 1939-1945. Formé pilote et navigateur aérien, il fut affecté à l'escadrille 425 — la première escadrille canadienne-française —, basée à Dishforth, en Angleterre, et fit de là vingt et une missions de bombardement au-dessus de l'Allemagne. En mai 1943, l'escadrille passa en Tunisie : il y prit part à vingt-huit autres missions, au-dessus de la Sicile et de l'Italie continentale. Quarante-neuf en tout. Au cours de sa carrière dans l'aviation, il fut décoré de la Distinguished Flying Cross. Près de cinquante ans plus tard, en 1992, il publia ses mémoires sous le titre « Du salpêtre dans le gruau ». Il mourut à l'Hôtel-Dieu de Québec le 22 juin 1999.

      Le compte des missions vient du seul avis de décès ; aucun document militaire ne l'appuie.

      Le Nécrologe, Le Nécrologe (avis de journaux), avis Gabriel Taschereau — Group Captain Gabriel Taschereau, LVO, DFC, CD, ADC, décédé à Québec le 1999-06-22 — fichier « Taschereau_Gabriel_1999_06_22.jpg » du corpus archivé S0020 (capture du 20 août 2026)

    • Thomas-Jacques Taschereau reçoit les cérémonies de son baptême à treize ans Thomas-Jacques Taschereau

      Thomas-Jacques Taschereau

      Thomas-Jacques Taschereau naquit à Tours le 26 août 1680 et fut ondoyé le jour même. L'ondoiement était l'ablution d'urgence que l'on donnait à l'enfant qu'on croyait en danger de mourir : elle valait sacrement, mais laissait de côté les prières et les rites, que l'on devait suppléer à l'église dès que possible. On les suppléa le 8 avril 1694, treize ans et demi plus tard. Sa marraine fut sa propre sœur, Anne-Agathe, qui avait vingt ans ; son parrain, Jacques Deschelles, écuyer, sieur du Paty, capitaine au régiment royal de la Marine. Le garçon signa l'acte de sa main. Trente-deux ans plus tard, il quittait la France pour le Canada comme secrétaire particulier de Claude-Thomas Dupuy, nommé intendant de la Nouvelle-France : s'il voyagea sur le navire de son maître, il partit de Paris en juin 1726 et arriva à Québec le 28 août.

      Rien ne dit pourquoi les cérémonies attendirent treize ans. La date du départ de Paris est donnée sous condition : elle suppose que Thomas-Jacques ait fait la traversée sur le navire de l'intendant.

      Registres de Tours (AD-37), Saint-Pierre-le-Puellier, collection communale, BMS 1691-1700, 6NUM7/261/012, vue 125/350, acte en marge « Ceremonie Bapt. de Thomas Jacque Taschereau, 19 » ; Dictionnaire biographique du Canada, DBC vol. III, « TASCHEREAU, THOMAS-JACQUES » ; Registres de Tours (AD-37), Saint-Pierre-le-Puellier, collection communale, baptêmes 1656-1674, 6NUM7/261/008, vue 514, folio 475, acte en marge « Anne Agathe Chaschereau » ; Dictionnaire biographique du Canada, DBC vol. III, « TASCHEREAU, THOMAS-JACQUES » ; Fichier Origine (fiche 243890), copie de l'acte des cérémonies du baptême — Tours, Saint-Pierre-le-Puellier, registre BMS 1691-1700, 6NUM7/261/012, vue 125/350 ; transcription de Marie Gagné (DBC), 28-11-2024

    • Marie-Claire Fleury de la Gorgendière concède soixante-trois terres en Beauce, 1753-1778 Marie-Claire De Fleury

      Marie-Claire De Fleury

      Marie-Claire Fleury de la Gorgendière avait quarante et un ans quand son mari, Thomas-Jacques Taschereau, mourut le 25 septembre 1749. C'est elle, ensuite, qui donna leurs terres aux habitants de la Beauce : entre 1753 et 1778, soixante-trois concessions furent passées en son nom, quarante-sept par elle-même, seize par ses procureurs, l'arpenteur royal Étienne Parant et le récollet Justinien, missionnaire de la Nouvelle-Beauce. Dans ces actes elle est « Marie-Claire Fleury de Lagorgandiere, seigneuresse de Ste-Marie et de Linière en la Beauce ». Elle mourut à quatre-vingt-huit ans et dix mois, le 19 février 1797. Le curé de Sainte-Marie l'inhuma dans l'église de la paroisse et l'inscrivit à son registre comme « Dame et fondatrice de cette paroisse ».

      Le compte de soixante-trois concessions vient d'un recomptage fiche à fiche du corpus notarial ; un inventaire antérieur du même corpus en trouvait cinquante-neuf, et l'écart de quatre n'est pas résolu. Le corpus ne porte aucune concession à son nom après 1778, bien qu'elle ait vécu jusqu'en 1797.

      Branche aînée de la famille Taschereau, pièce 2-B (f25) ; pièce 1-A (f9) ; Parchemin (Archiv-Histo), Synthèse de 63 concessions consenties par Marie-Claire Fleury de la Gorgendière, veuve de Thomas-Jacques Taschereau (T00011), 1753-1778, dont 16 par procureur (Étienne Parant, le récollet Justinien) — data/extraction/_inventaire-parchemin.md §3 ; recompte et détail dans le bandeau de ce lot. Verbatim représentatif : 22-2-1764-Parent-P.-Qc-571966.pdf. ; Branche aînée de la famille Taschereau, pièce 2-C (f26)

    • La seigneurie de Sainte-Marie échoit à Gabriel-Elzéar Taschereau, quatre ans, 1749 Gabriel-Elzéar Taschereau

      Gabriel-Elzéar Taschereau

      Quand Thomas-Jacques Taschereau mourut à Québec, le 25 septembre 1749, la seigneurie de Sainte-Marie de la Beauce, qu'on lui avait concédée en 1736, passa à son fils Gabriel-Elzéar. L'enfant avait quatre ans : il était né à Québec le 27 mars 1745. Elle lui échut faute d'autre héritier — ses frères et sœurs étaient repassés en France ou morts sans laisser de lignée. Il la garda soixante ans, jusqu'à sa mort à Sainte-Marie, le 18 septembre 1809.

      Branche aînée de la famille Taschereau, feuillets 20-21 (p. 18-19) ; feuillet 5 (les dates)

    • Charles-Antoine Taschereau chez les Français, son neveu chez les Américains Pierre-Hubert-François-Xavier Couterot et Charles-Antoine Taschereau

      Pierre-Hubert-François-Xavier Couterot et Charles-Antoine Taschereau

      Charles-Antoine Taschereau, né à Québec en 1741, dixième des quatorze enfants de Thomas-Jacques Taschereau, fut emmené prisonnier en France à la reddition du pays, en septembre 1760. Vingt et un ans plus tard il revenait en Amérique sous le pavillon français : en 1781 il servait sur l'escadre du comte de Grasse et prit part au blocus de Gloucester, en Virginie, sous les ordres de M. de Choisy, maréchal de camp de l'armée de Rochambeau. De l'autre côté de la rivière, le siège de Yorktown s'acheva le 19 octobre par la capitulation de Cornwallis — la bataille qui décida de la guerre d'Indépendance américaine. Son neveu Pierre-Hubert-François-Xavier Couterot, fils de sa sœur Charlotte et de Hubert Couterot, enseigne d'une compagnie du détachement de la marine, prit lui aussi du service — mais dans l'armée américaine, comme officier d'artillerie. Né à Batiscan en 1761, il avait repassé en France avec ses parents après la cession du pays.

      L'entrée de l'oncle et celle du neveu dans les deux armées ne sont pas simultanées : la source place l'entrée du neveu dans l'armée américaine quelques années avant la mort de son père, survenue en septembre 1791 — donc après le blocus de Gloucester, et non pendant.

      Roy, La famille Taschereau, p. 18 (feuillet 25) ; p. 19 (feuillet 26) ; p. 20 (feuillet 27) ; p. 21 (feuillet 28)

    • Pillé par les Américains, Gabriel-Elzéar Taschereau enquête sur la collaboration Gabriel-Elzéar Taschereau

      Gabriel-Elzéar Taschereau

      En 1775, les Américains envahirent la province de Québec et la colonne de Benedict Arnold traversa la Beauce. Gabriel-Elzéar Taschereau, seigneur de Sainte-Marie-de-la-Nouvelle-Beauce, s'était mis aux ordres du gouverneur Guy Carleton ; les envahisseurs se vengèrent de cette fidélité sur ses terres. Ils prirent dans ses métairies tout ce qui leur était nécessaire pour se nourrir, firent vendre à l'encan ce qu'ils ne pouvaient emporter, et pillèrent au début de 1776 le domaine et le moulin banal, où les censitaires étaient tenus de porter leur grain. Or quelques-uns de ces censitaires avaient pactisé avec les troupes américaines. Les envahisseurs repoussés, Carleton chargea donc Taschereau, avec François Baby et Jenkin Williams, d'enquêter sur la nature et l'étendue de la collaboration avec l'ennemi : le seigneur qu'on venait de piller partait chercher qui, chez lui, avait aidé les pillards. Le 13 août 1776, on le nomma encore à une cour chargée de recevoir l'état des dommages de l'invasion.

      Les deux sources ne datent pas le pillage de la même façon : l'une le place au passage d'Arnold et de ses lieutenants à travers la Beauce, pendant l'invasion de 1775, l'autre « au début de 1776 ».

      Roy, La famille Taschereau, p. 27 (feuillet 36) ; Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. V, notice « TASCHEREAU, GABRIEL-ELZÉAR » (taschereau_gabriel_elzear_5) ; DBC vol. V, « TASCHEREAU, GABRIEL-ELZÉAR » ; Roy, La famille Taschereau, p. 28 (feuillet 37)

    • Joseph-André Taschereau battu par son oncle dans Dorchester, 1841 Joseph-André Taschereau

      Joseph-André Taschereau

      En 1841, immédiatement après l'Union qui venait de fondre le Bas-Canada et le Haut-Canada en une seule province, Joseph-André Taschereau brigua les suffrages du comté de Dorchester. Il y rencontra un terrible adversaire : son propre oncle, Antoine-Charles Taschereau. La lutte fut des plus acharnées, et le neveu essuya une défaite. Il avait pourtant l'habitude de la Chambre — il avait représenté la Beauce du 12 décembre 1835 au 27 mars 1838 — et ce ne fut pas sa dernière déconvenue : en 1844, il se présenta dans Montmorency contre Joseph Cauchon et fut battu encore.

      Roy, La famille Taschereau, p. 50 (feuillet 69) ; p. 51 (feuillet 70)

    • Les huit enfants nommés Linière de Thomas-Linière Taschereau Thomas-Linière Taschereau

      Thomas-Linière Taschereau

      Thomas-Linière Taschereau, avocat de la Beauce et son député aux Communes, était « Linière » pour tout le monde : « tous ses confrères ne l'ont jamais appelé autrement ». De son mariage avec Zoé-Mary Alleyn, célébré à Saint-Vallier de Bellechasse le 16 juillet 1877, naquirent neuf enfants ; huit ont reçu un prénom, et les huit finissent par Linière — Marie-Anne-Zoé-Stella-Linière, Marie-Joseph-Charles-Alleyn-Linière, Marie-Jean-Thomas-Ernest-Linière, Marie-Thomas-Linière, Marie-Joseph-Emile-de Gaspé-Linière, Marie-Blanche-Allison-Linière, Marie-Joséphine-Yvonne-Linière et, le dernier, né en 1894, Marie-Jean-Henri-Linière. Le huitième, né et mort à Saint-Joseph de la Beauce le 26 mai 1892, est resté sans nom.

      Roy, La famille Taschereau, p. 68 et 72 (feuillets 89 et 93)

    • Les habitués du Chien d'Or, à Québec, morts avant soixante ans Thomas-Linière Taschereau

      Thomas-Linière Taschereau

      Linière Taschereau, avocat de la Beauce et son député aux Communes, ne passait guère de semaine sans monter à Québec dîner chez Laforce, au Chien d'Or, avec une tablée qui écrivait des articles, rédigeait des notes et préparait des discours au coin des tables, en attendant les débats : Achintre, Dunn, Provencher, Faucher, le docteur de Saint-George, Buteau Turcotte, Montpetit, Guillaume Amyot, le docteur Guay et le chroniqueur Arthur Buies. De la salle à dîner du restaurant à la Chambre, il n'y avait que la rue à traverser ; on se séparait sur un bon mot de Provencher ou une repartie de Buteau Turcotte, pour se retrouver quelques heures après. Conservateur en politique, Taschereau avait pour ami le plus intime Ernest Pacaud, « le plus libéral des libéraux ». Quand il mourut à son tour, son confrère Alfred Cloutier fit le compte de cette bande : « Il n'en est pas, à part Buies, croyons-nous, qui aient dépassé soixante ans ».

      Roy, La famille Taschereau, p. 67-71 (feuillets 88-92)

    • Les huit conseils de Pierre-Elzéar Taschereau à ses enfants, 1845 Pierre-Elzéar Taschereau

      Pierre-Elzéar Taschereau

      Frappé d'un anévrisme à Montréal pendant la session de 1845, Pierre-Elzéar Taschereau, député de Dorchester et seigneur de Sainte-Marie de la Beauce, s'entendit dire par les médecins qu'il n'en avait plus que pour quelques mois. Il laissait une femme et six enfants dont le plus âgé n'avait pas encore neuf ans. Il put regagner Sainte-Marie à grand-peine en avril, et il y mourut le 25 juillet. D'une main que l'approche de la mort rendait vacillante, il traça pour ses enfants une page qu'il intitula « Conseils dictés par l'amour d'un Père ». Huit conseils.

      • « Ils doivent aimer Dieu et suivre les maximes de leur religion. »
      • « Ils doivent être polis à tout le monde. »
      • « Ils doivent être doux et cléments. »
      • « Dans toutes leurs transactions ils doivent être entièrement honnêtes : ils y trouveront leur avantage. »
      • « Ils doivent faire leurs études et ensuite ne pas rester à rien faire. L'oisiveté opère la ruine des jeunes gens. »
      • « Qu'ils soient généreux et en même temps économes. »
      • « Qu'ils ne croient pas d'abord ce qu'on leur dira, car les hommes sont trompeurs. »
      • « Qu'ils ne passent un marché qu'après avoir réfléchi et consulté quelqu'un de confiance. On se plonge promptement dans la misère d'où on ne se retire jamais, et la misère souvent engendre le vice. »

      Le texte des conseils est rapporté d'après une page manuscrite que son fils aîné conservait comme un héritage bien cher.

      Roy, La famille Taschereau, p. 87 (feuillet 108) ; p. 88 (feuillet 109)

    • Deux Taschereau élus ensemble dans la Beauce en 1830 Pierre-Elzéar Taschereau et Antoine-Charles Taschereau

      Pierre-Elzéar Taschereau et Antoine-Charles Taschereau

      Le 28 septembre 1830, les électeurs du comté de Beauce envoient d'un coup deux Taschereau à la Chambre d'assemblée du Bas-Canada : Pierre-Elzéar, seigneur de Sainte-Marie, vingt-quatre ans, et Antoine-Charles, collecteur des douanes au même village — l'un petit-fils, l'autre fils de Gabriel-Elzéar Taschereau. Les deux autres candidats, Amable Berthelot et William Henderson, « n'osaient se montrer au poll, connaissant bien d'avance le sort qu'ils éprouveraient ». Plus de 1 200 personnes votèrent, malgré la pluie, malgré des chemins « des plus mauvais », à deux lieues et demie de la rivière Chaudière. On ramena ensuite les élus chez eux avec plus de deux cents voitures : en tête un cavalier richement vêtu portant un étendard — « Vive le Roi ! », « Vive la Constitution ! », « Vivent les représentants du peuple ! », « Vivent les Taschereau ! » —, puis la cavalerie volontaire, l'officier-rapporteur, la voiture des deux députés tirée par un cheval blanc dont l'attelage était couvert de rouge, et des pavillons à toutes les fenêtres sur plus d'une demi-lieue.

      Le récit du cortège vient d'une lettre publiée dans la Gazette de Québec du 21 octobre 1830 et signée seulement « un Electeur ».

      Roy, La famille Taschereau, p. 85-86 (feuillets 106 et 107) ; p. 87 (feuillet 108) ; p. 161 (feuillet 214)

    • Eugène-Arthur Taschereau dans l'armée de Maximilien, Mexique 1866 Eugène-Arthur Taschereau

      Eugène-Arthur Taschereau

      Eugène-Arthur Taschereau, né à Sainte-Marie de la Beauce en 1840, fut reçu avocat le 6 mai 1864 ; mais la vie militaire avait pour lui « autrement plus d'attraits » que l'étude. Il suivit les cours de l'école militaire de Québec, obtint ses certificats, puis s'embarqua pour le Mexique, où l'archiduc autrichien Maximilien régnait depuis 1864 sur un trône que lui avait ménagé Napoléon III. Arrivé à Mexico dans les premiers jours de janvier 1866, il fut aussitôt attaché à l'état-major du général Watcher, que l'empereur envoyait opérer à quatre cents lieues au nord, dans le Chihuahua, « qu'on considérait comme le château-fort de Juarez ». L'armée française évacua le Mexique le 13 mars 1867 ; Maximilien continua seul une lutte inégale, fut pris à Queretaro, livré à Juarez, condamné par un conseil de guerre et fusillé le 19 juin. Taschereau était rentré au pays quelques semaines plus tôt.

      Le nom du général auprès de qui il servit est imprimé « Watcher » ; la graphie n'est pas assurée.

      Roy, La famille Taschereau, p. 90 (feuillet 113) ; p. 91 (feuillet 114)

    • Trois enfants Panet naissent dans les Indes, deux y meurent Charles Eugène Panet et Henri Panet et Marie-Henriette Panet

      Charles Eugène Panet et Henri Panet et Marie-Henriette Panet

      Marie-Henriette-Corinne Taschereau, née à Saint-Patrice de la Rivière-du-Loup le 5 septembre 1875, épousa à Ottawa, le 11 novembre 1895, son cousin germain Alphonse-Eugène Panet, capitaine des Ingénieurs royaux, dans les Indes depuis 1890 et en service à Rawal Pindi, dans le Punjab. Leurs trois enfants naquirent à Dharmsala, une station de montagne du Punjab britannique. Charles-Eugène et Henri de Lotbinière vinrent au monde le même jour, le 21 avril 1896 ; Charles-Eugène mourut le 5 mai. Marie-Henriette naquit le 21 mars 1897 et mourut le lendemain, le 22 mars. Le même jour, à Ottawa, le grand-père des trois enfants, le juge Henri-Elzéar Taschereau, se remariait.

      Roy, La famille Taschereau, p. 105-106 (feuillets 132 et 133) ; p. 102 (feuillet 127) ; p. 95 (feuillet 120)

    • Maurice-Elzéar Juchereau Duchesnay meurt à cent pas de la gare, 1900 Maurice-Elzéar Juchereau Duchesnay et Aurélie Roberge et Paul-Henri Juchereau Duchesnay et Maurice-Omer-Léon Juchereau Duchesnay

      Maurice-Elzéar Juchereau Duchesnay et Aurélie Roberge et Paul-Henri Juchereau Duchesnay et Maurice-Omer-Léon Juchereau Duchesnay

      En moins de six mois, la maison de Maurice-Elzéar Juchereau Duchesnay, fils de Suzanne-Elisabeth Taschereau, se vida. Notaire à Saint-Calixte de Somerset, ou Plessisville, il y était aussi secrétaire-trésorier des conseils de paroisse et de village. Sa femme, Aurélie Roberge, mourut le 18 avril 1900 ; leur dernier-né, Maurice-Omer-Léon, la suivit le 27 juillet, à cinq mois. Le 11 octobre, sa sœur, madame Chouinard, cédant à son invitation pressante, prit le train à Lévis pour venir le rejoindre. Vers deux heures, il partit en voiture au-devant d'elle avec sa belle-sœur, mademoiselle Roberge. Il laissa celle-ci à la gare et alla attacher son cheval dans la cour de l'hôtel voisin ; au moment où il déposait les guides, il tomba foudroyé. Le docteur Triganne, qui se trouvait sur les lieux, constata le décès, puis courut à la descente des voyageurs, où il rencontra les deux femmes « dans une ignorance complète du terrible événement ». Il laissait trois enfants : Corinne-Marie, six ans, Elzéar-Antoine, quatre ans, et Paul-Henri, qui avait ce jour-là trois ans exactement. On l'inhuma le 13 octobre ; le maire et les conseillers de Plessisville voulurent porter eux-mêmes, de leurs mains, le cercueil de leur secrétaire-trésorier.

      La source ne date pas la mort en propre : le 11 octobre 1900 est la date qu'elle donne au voyage de la sœur, dans la phrase qui précède la scène. Le compte des six mois et l'âge des trois enfants au jour de la mort sont calculés à partir de dates que la source donne séparément, sans jamais les rapprocher.

      Roy, La famille Taschereau, p. 122 (feuillet 159) ; p. 124 (feuillet 163) ; p. 125 (feuillet 164) ; p. 126 (feuillet 165)

    • Charles-Edmond Juchereau Duchesnay tué sur la ligne du Pacifique Canadien, 1901 Charles-Edmond Juchereau Duchesnay et Elisabeth Whitnall

      Charles-Edmond Juchereau Duchesnay et Elisabeth Whitnall

      Charles-Edmond Juchereau Duchesnay, fils de Suzanne-Elisabeth Taschereau, entra au service du Pacifique Canadien en mars 1881, et ses quatre enfants naquirent le long de la voie, d'est en ouest : Albert-Edmond à Sudbury le 6 novembre 1884, Viola à Chapleau, dans l'Algoma, en février 1888, puis De Saint-Denis et Frank à Vancouver, en 1892 et 1893 — la ligne, achevée à Craigellachie en novembre 1885, avait atteint Vancouver au printemps 1887. Il avait épousé leur mère, Elisabeth Whitnall, fille d'un des employés supérieurs de la compagnie, à Sudbury même, en janvier 1884. Ingénieur de construction, il fut nommé assistant surintendant général pour la Colombie anglaise en avril 1901, et les principaux personnages de la province lui offrirent à Revelstoke un grand banquet. Cinq mois plus tard, le 4 septembre, il surveillait la reconstruction du tunnel de Cariboo Joe's, à quelques milles de Vancouver, quand la chute d'un bloc de pierre le tua.

      La source écrit « à Sudbury, Nord-Ouest » : Sudbury et Chapleau sont dans le nord de l'Ontario. La lecture d'est en ouest, et l'intervalle de cinq mois entre le banquet et l'accident, sont calculés à partir de dates que la source donne séparément.

      Roy, La famille Taschereau, p. 122 (feuillet 159) ; p. 127 (feuillet 166) ; p. 128 (feuillet 167)

    • Le seigneur de Sainte-Marie refuse les cinquante louis d'un cultivateur ruiné Henri-Elzéar Juchereau

      Henri-Elzéar Juchereau

      À Sainte-Marie de la Beauce, « une suite de malheurs incontrôlables » força un cultivateur à vendre sa terre et tous ses biens. Ses créanciers payés, il lui restait une dette d'arrérages chez Henri-Elzéar Juchereau Duchesnay, mari de Suzanne-Elisabeth Taschereau et seigneur de la paroisse, de qui les habitants tenaient leurs terres et à qui ils devaient porter leur grain à moudre — la dette venait justement de grains achetés à ses moulins. Avant de s'éloigner pour aller prendre une terre en bois debout, le ruiné se rendit chez Duchesnay et lui demanda son compte.

      — C'est juste cinquante louis.

      — Eh bien ! voilà vos cinquante louis, dit le malheureux, comptez et payez-vous.

      — Mais, mon cher ami, vous reste-t-il quelque chose pour recommencer votre petite fortune ?

      — Pas une obole, monsieur, pas même de quoi acheter du pain pour mon voyage.

      — Eh bien ! mon ami, reprend Duchesnay, je ne veux, ni ne puis vous arracher la vie. Si vous réussissez, vous me paierez quand vous pourrez ; sinon vos enfants paieront mes enfants. Sinon, nous serons payés ailleurs.

      La scène est rapportée sans date, dans un éloge du seigneur publié par un prêtre en 1871.

      Roy, La famille Taschereau, p. 121 (feuillet 158) ; p. 122 (feuillet 159)

    • L'essai d'Henri-Thomas Taschereau sur la bibliothèque d'Alexandrie Henri-Thomas Taschereau

      Henri-Thomas Taschereau

      Entré à l'université Laval de Québec, où il obtiendrait en 1862 un baccalauréat en droit, le futur juge Henri-Thomas Taschereau composa, pour un concours de l'université, un essai d'éloquence : le discours d'un chef arabe suppliant le calife Omar de renoncer à brûler la bibliothèque d'Alexandrie. La scène est une légende : la tradition qui prête au calife l'ordre de détruire les livres n'apparaît que six siècles après la conquête arabe de l'Égypte, et les historiens n'y croient plus. L'essai, lui, fut vivement admiré. Il valut plusieurs honneurs à son auteur et fut longtemps cité comme l'une des meilleures compositions littéraires des divers concours de l'université depuis sa fondation.

      Le jugement porté sur cet essai — l'une des meilleures compositions littéraires des concours de l'université — est rapporté d'après Pierre-Georges Roy, et n'est pas vérifié autrement.

      Roy, La famille Taschereau, p. 153 (feuillet 202) ; Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. XIII, notice « TASCHEREAU, sir HENRI-THOMAS » (taschereau_henri_thomas_13)

    • Henri-Thomas Taschereau condamne Cordélia Viau et Samuel Parslow à la pendaison Henri-Thomas Taschereau

      Henri-Thomas Taschereau

      En 1898, Henri-Thomas Taschereau, juge à la Cour supérieure, présida les procès de Cordélia Viau et de Samuel Parslow, accusés du meurtre du mari de Cordélia Viau : l'affaire de meurtre de Saint-Canut. Les procès eurent un grand retentissement dans la province et soulevèrent bien des passions. Le jury reconnut Cordélia Viau coupable le 2 février ; plutôt que de prononcer aussitôt la sentence, le juge attendit que la Cour d'appel eût décidé des questions de droit réservées durant le procès. Le 7 juin, la cour cassa le verdict de culpabilité et ordonna la tenue d'un autre procès. Taschereau présida ce second procès ainsi que celui de Parslow. Les deux accusés furent reconnus coupables, et il les condamna à être pendus le 10 mars 1899.

      Le mari de Cordélia Viau n'est nommé dans aucune des deux sources, qui ne disent pas non plus si la sentence fut exécutée.

      Roy, La famille Taschereau, p. 154-155 (feuillets 203-204) ; Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. XIII, notice « TASCHEREAU, sir HENRI-THOMAS » (taschereau_henri_thomas_13)

    • Le docteur Marsan, qui ne refusait aucune course, meurt en 1900 Antoine-Alexandre Marsan

      Antoine-Alexandre Marsan

      Antoine-Alexandre Marsan, qui avait épousé Marie-Flore Angers, fille de Sophie Claire-Elmina Taschereau, soignait Saint-Joseph de Lévis depuis trente-deux ans. Un soir d'hiver, vers onze heures, alors qu'il se préparait à prendre un repos bien mérité, on sonna à sa porte : un pauvre diable de la deuxième concession venait le chercher pour sa femme, sérieusement malade. Dehors la tempête faisait rage, et ce soir-là un rhumatisme lui refusait presque l'usage de ses jambes. Il n'hésita pas un seul instant, n'eut pas un mot de plainte, se fit habiller et monta en voiture pour un trajet de quatre ou cinq heures. Il donnait ses soins à cet homme et aux siens depuis plus de vingt ans sans avoir jamais reçu un sou. Malade depuis plusieurs semaines, il n'en persistait pas moins à aller donner les secours de son art. Il avait toujours espéré mourir « comme le soldat, sur le champ de bataille ». Le 19 octobre 1900, après une journée ardue, il venait de laisser sa dernière patiente, une pauvre femme qu'il essayait d'arracher à la mort, lorsqu'en mettant le pied dans sa voiture il tomba à la renverse. Son domestique se précipita à son secours. Il était mort.

      La source ne date la nuit de tempête que par « l'hiver qui précéda sa mort ».

      Roy, La famille Taschereau, p. 163 (feuillet 216) ; p. 165 (feuillet 218) ; p. 166 (feuillet 219)

    • L'abbé Angers meurt de la fièvre jaune à Trinidad, 1894 Joseph-Jules-Eugène-Aurélien Angers

      Joseph-Jules-Eugène-Aurélien Angers

      En février 1893, sa santé força l'abbé Joseph-Jules-Eugène-Aurélien Angers, né à Saint-Roch de Québec et ordonné prêtre sept ans plus tôt, à fuir le rigoureux climat du pays. Le cardinal Taschereau lui obtint une cure à Santa-Cruz, dans l'île de Trinidad. Il partit avec l'abbé Veilleux, qu'il avait choisi comme vicaire, et une ménagère, madame Demers. Ils n'avaient pas compté avec la fièvre jaune, qui faisait chaque année tant de victimes à Trinidad. Le 15 juin 1894, l'abbé Veilleux tomba malade et mourut le 19 ; madame Demers prit le lit le 17 et mourut le 22 ; l'abbé Angers fut atteint deux jours plus tard et mourut le 27 juin. Tous trois reposent dans le cimetière de Santa-Cruz. « Je suis vraiment accablé par le chagrin que me cause cette perte », écrivit l'archevêque de Port d'Espagne au cardinal. « Il était simplement adoré par ses paroissiens. »

      Roy, La famille Taschereau, p. 169 (feuillet 222) ; p. 170 (feuillet 223)

    • Antoine-Charles Taschereau, zouave canadien, meurt à Rome en 1869 Antoine-Charles Taschereau

      Antoine-Charles Taschereau

      Né à Sainte-Marie de la Beauce le 20 décembre 1845, Antoine-Charles Taschereau fut l'un des premiers à s'enrôler quand, en 1868, les zouaves canadiens partirent défendre le Saint-Siège : le pape perdait ses derniers États devant le royaume d'Italie, et des volontaires accouraient de plusieurs pays. Taschereau s'embarqua à New York avec le premier détachement le 22 février 1868 et arriva à Rome le 10 mars ; il avait vingt-deux ans. Quelques jours avant de tomber malade, il faisait encore avec ses camarades des projets de retour au pays. Il mourut à l'hôpital des Sœurs de la Charité le 29 août 1869, entre les bras de la mère supérieure. « N'avons-nous pas raison de te regarder comme deux fois martyr », écrivit de Rome l'un de ses compagnons d'armes, « toi qui est mort non pas dans les enivrements d'un combat, mais au milieu des atroces douleurs de la maladie dans un hôpital. »

      Roy, La famille Taschereau, p. 174 (feuillet 227) ; p. 175 (feuillet 228) ; p. 176 (feuillet 229)

    • Deux frères Taschereau noyés dans la Chaudière, 1861 et 1869 Amédée-Adolphe-Auguste Taschereau et Alphonse-Alfred Taschereau

      Amédée-Adolphe-Auguste Taschereau et Alphonse-Alfred Taschereau

      Louis-Charles-Elzéar Taschereau et Rosalie L'Heureux, de Sainte-Marie de la Beauce, eurent neuf enfants. Deux d'entre eux se noyèrent dans la rivière Chaudière. Amédée-Adolphe-Auguste, né le 13 août 1849, s'y noya le 20 décembre 1861, près de l'église de la paroisse ; il avait douze ans, et fut inhumé au cimetière le 22. Sept ans et quatre mois plus tard, le 2 mai 1869, son frère Alphonse-Alfred, né le 2 novembre 1851, se noya dans la même rivière. Il avait dix-sept ans, et fut inhumé le 4.

      Roy, La famille Taschereau, p. 177 (feuillet 230) ; p. 173 (feuillet 226)

    • Sept juges dans la famille Taschereau, de 1735 à 1878 Henri-Elzéar Taschereau

      Henri-Elzéar Taschereau

      En juillet 1896, la famille Taschereau comptait sept juges dans ses rangs. Le premier, Thomas-Jacques, avait été nommé conseiller au Conseil supérieur — la cour suprême d'alors — le 1er avril 1735. Vint Gabriel-Elzéar, juge des Plaidoyers communs en 1777, puis le troisième fils de celui-ci, Jean-Thomas, juge de la Cour du banc du roi à Québec en 1827. Après eux, Joseph-André, juge à Kamouraska, et un second Jean-Thomas, qui monta jusqu'à la Cour suprême du Canada et qui était le frère du cardinal archevêque de Québec. Les deux derniers furent nommés le même jour, le 7 octobre 1878 : Henri-Elzéar à la Cour suprême, en remplacement de ce même Jean-Thomas, démissionnaire, et Henri-Thomas à la Cour supérieure.

      Branche aînée de la famille Taschereau, f6 ; f7 ; f8

    • L’héritage du seigneur de Sainte-Marie partagé par tirage au sort, 1809 Thomas-Pierre-Joseph Taschereau

      Thomas-Pierre-Joseph Taschereau

      Gabriel-Elzéar Taschereau, seigneur de Sainte-Marie-de-la-Nouvelle-Beauce, mourut le 18 septembre 1809 en laissant une veuve et sept enfants vivants, nés de deux mariages, dont trois étaient encore mineurs. Les droits de la veuve et des mineurs mis à part, tout le reste — meubles et immeubles — fut arpenté, évalué, divisé, puis attribué aux héritiers par tirage au sort, à l'amiable. Le titre de seigneur, lui, ne se tirait pas et sauta l'aîné : Gabriel-Elzéar fils, ordonné prêtre en 1796, renonça à sa part et à son droit d'aînesse contre une rente viagère. Ce fut donc le deuxième fils, Thomas-Pierre-Joseph, trente-quatre ans, qui devint seigneur en titre de Sainte-Marie et prit le manoir.

      Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. VI, notice « TASCHEREAU, THOMAS-PIERRE-JOSEPH » (taschereau_thomas_pierre_joseph_6) ; Branche aînée de la famille Taschereau, f22 (p. 20) ; f21 (p. 19)

    • Un sermon décide Marie-Anne-Louise Taschereau, qui passera soixante ans au cloître Marie-Louise Taschereau

      Marie-Louise Taschereau

      Marie-Anne-Louise Taschereau, fille du seigneur de Sainte-Marie, avait été mise chez les ursulines de Québec dès l'âge de cinq ans sans y prendre aucune inclination pour le cloître ; à vingt ans, elle n'y pensait pas encore. Au carême de 1764, elle entendit le jésuite Marin-Louis Le Franc prêcher sur ces paroles : « Que sert à l'homme de gagner tout l'univers, s'il vient à perdre son âme ? » Quelques semaines plus tard, le 13 mai 1764, elle franchissait la porte du monastère comme postulante. Elle y resta soixante ans, fut trois fois supérieure — quinze ans en tout — et présida à l'admission de trente novices, dont trois seulement ne persévérèrent pas. Elle mourut le 16 mars 1825 ; Mgr Plessis, l'archevêque de Québec, voulut dire lui-même la messe sur son corps.

      Deux comptes ne s'accordent pas. Elle est dite avoir vécu soixante et un ans et dix mois au cloître, alors que du 13 mai 1764 au 16 mars 1825 il s'écoule soixante ans et dix mois ; et son jubilé d'or est placé tantôt en 1815, tantôt au 12 août 1816, cinquante ans jour pour jour après ses vœux du 12 août 1766. Le lieu du sermon n'est pas assuré non plus : la neuvaine à saint François-Xavier est située tantôt à Québec, dans la chapelle des ursulines, tantôt à Montréal.

      Dictionnaire biographique du Canada, DBC vol. VI, « TASCHEREAU, MARIE-ANNE-LOUISE, dite de Saint-François-Xavier » (dépouillement complet) ; Roy, La famille Taschereau, p. 24 (feuillet 31) ; p. 25 (feuillet 32) ; Dictionnaire biographique du Canada, DBC vol. VI, « TASCHEREAU, MARIE-ANNE-LOUISE, dite de Saint-François-Xavier » ; Roy, La famille Taschereau, p. 18 (feuillet 25)

    • Henri-Elzéar Taschereau administre le Canada dix-huit jours, 1904 Henri-Elzéar Taschereau

      Henri-Elzéar Taschereau

      Du 21 novembre au 9 décembre 1904 — dix-huit jours —, les pouvoirs du représentant du roi au Canada furent exercés par un juge : Henri-Elzéar Taschereau, juge en chef de la Cour suprême. Le gouverneur général, lord Minto, venait de partir, et la charge d'administrateur du Canada revint au juge en chef, avec tous les pouvoirs et prérogatives du gouverneur général. Taschereau était depuis novembre 1902 le premier Canadien français à présider la Cour suprême ; un titre de chevalier lui avait été décerné plus tôt la même année.

      Dictionnaire biographique du Canada, DBC vol. XIV, « TASCHEREAU, sir HENRI-ELZÉAR » ; DBC, vol. XIV, notice « TASCHEREAU, sir HENRI-ELZÉAR » (taschereau_henri_elzear_14)

    • Taschereau, son beau-père et son beau-frère obtiennent la Beauce contre un chemin Thomas-Jacques Taschereau

      Thomas-Jacques Taschereau

      En 1736, Thomas-Jacques Taschereau, son beau-père Joseph Fleury de la Gorgendière et son beau-frère Pierre-François Rigaud de Vaudreuil demandèrent au gouverneur Charles de Beauharnois et à l'intendant Hocquart trois seigneuries voisines et contiguës sur la rivière Chaudière, de trois lieues de front sur deux de profondeur chacune. En échange, les trois hommes s'engageaient à faire à leurs frais un grand chemin roulant et de charrette du bord du fleuve Saint-Laurent, à la Pointe-Lévy, jusqu'à l'islet aux Sapins, où leurs terres devaient commencer. Beauharnois et Hocquart y virent un moyen de faire établir promptement toute l'immense vallée de la Chaudière, et acceptèrent avec empressement ; les trois seigneuries furent concédées le 23 septembre 1736. Le chemin fut fait. Le 2 août 1738 naissait dans la seigneurie de Sainte-Marie le premier Beauceron, Joseph-Marie Raymond ; en moins de deux ans Taschereau y avait concédé vingt-huit terres, et à l'automne de 1739 la Nouvelle-Beauce comptait déjà 262 habitants.

      Les deux sources ne racontent pas de la même façon d'où venait le marché : chez l'une, les trois demandeurs offrent eux-mêmes de bâtir le chemin ; chez l'autre, la condition est posée par les autorités.

      Roy, La famille Taschereau, p. 16 (feuillet 23) ; Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. III, notice « TASCHEREAU, THOMAS-JACQUES » (taschereau_thomas_jacques_3)

    • Thomas-Jacques Taschereau s'associe aux forges du Saint-Maurice et y perd son argent Thomas-Jacques Taschereau

      Thomas-Jacques Taschereau

      Thomas-Jacques Taschereau administrait au Canada l'argent du roi : il était agent des trésoriers généraux de la Marine. Habitué aux fonds publics, il voulut spéculer pour son propre compte. En 1736, il s'associa avec François-Étienne Cugnet, premier conseiller au Conseil supérieur, le maître de forges Jacques Simonet et deux autres pour exploiter les forges du Saint-Maurice, près de Trois-Rivières — le premier établissement industriel du pays. Le 22 avril 1737, le roi leur accorda vingt années pour ouvrir et travailler les mines de fer entre la seigneurie d'Yamachiche et celle du Cap de la Magdeleine, et en 1739 un homme entendu, venu tout exprès de France, prit la direction des travaux. Mais dans un jeune pays « où les fortunes sont rares et mal assises, où les banques ne sont pas encore établies », les déboursés eurent raison de la société : elle dut remettre sa charte, et le roi, qui avait fait le gros des avances, reprit les forges et les fit fonctionner à son propre profit.

      La phrase citée entre guillemets n'est pas de la source qui la rapporte : elle est tirée d'un ouvrage antérieur, les « Deux voyages sur le Saint-Maurice » de l'abbé N. Caron.

      Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. III, notice « TASCHEREAU, THOMAS-JACQUES » (taschereau_thomas_jacques_3) ; Roy, La famille Taschereau, p. 16 (feuillet 23) ; p. 17 (feuillet 24)

    • Gabriel-Elzéar Taschereau passe un hiver à démêler les titres des ursulines Gabriel-Elzéar Taschereau

      Gabriel-Elzéar Taschereau

      La sœur de Gabriel-Elzéar Taschereau était religieuse chez les ursulines de Québec sous le nom de mère Saint-François-Xavier. Le jour où on la fit dépositaire du monastère — la charge qui répond des comptes et des biens de la communauté —, elle se trouva devant des papiers embrouillés, et son frère, le seigneur de Sainte-Marie-de-la-Nouvelle-Beauce, s'offrit à démêler l'affaire. Les ursulines vivaient alors en clôture ; il fallut à Taschereau une permission spéciale pour entrer chaque jour au dépôt, et il y passa tout un hiver, « n'épargnant ni veilles ni voyages », à débrouiller les titres et les autres papiers. Puis il concéda les terres et les seigneuries de la communauté, qui rapportèrent dès lors aux religieuses plus de rentes qu'elles n'en tiraient auparavant de France. L'annaliste du monastère écrivit : « nous pouvons le regarder comme le restaurateur de nos affaires temporelles ».

      L'année de ce travail n'est pas donnée : le passage dit seulement « un hiver », et « lorsqu'elle fut mise pour la première fois dépositaire ».

      Roy, La famille Taschereau, p. 29 (feuillet 38) ; p. 30 (feuillet 39)

    • Alexandre Taschereau décoré pour la Corée cinq semaines avant sa mort Alexandre Taschereau

      Alexandre Taschereau

      Le 21 mai 2025, on remit à Alexandre Taschereau, quatre-vingt-dix-sept ans, la Médaille du couronnement du roi Charles III pour son service en Corée. Il mourut cinq semaines plus tard, à Ottawa, le 26 juin. Né à Saint-Ludger-de-Beauce le 3 septembre 1927, il s'était enrôlé au sortir de l'université et avait fait la guerre de Corée, puis servi auprès de l'OTAN en Allemagne et dans les troupes de maintien de la paix des Nations unies pendant la crise du Congo belge. Il quitta les Forces après trente-trois ans de service.

      L'avis écrit qu'il « s'est enrôlé dans les forces de l'OTAN en Corée » : la guerre de Corée fut menée sous commandement des Nations unies, non de l'OTAN.

      FQSG — avis de décès, avis 7856137 — TASCHEREAU, Alexandre, † 2025-06-26

    • Henri-Thomas Taschereau lance les Débats, qui meurt après une session, 1862 Henri-Thomas Taschereau

      Henri-Thomas Taschereau

      En mars 1862, à vingt ans, Henri-Thomas Taschereau lança à ses frais un journal, les Débats, pour combler ce qu'il tenait pour une lacune des journaux canadiens-français : il voulait y « rendre en toute fidélité et en toute objectivité les débats de la chambre ». Les écrits du journal furent très remarqués. Il cessa pourtant de paraître en juin, après une seule session : les députés payaient déjà 300 £ au Journal de Québec pour la reconstitution des débats, ce qui ne fut sans doute pas étranger à sa disparition.

      Roy, La famille Taschereau, p. 153 (feuillet 202) ; p. 154 (feuillet 203) ; Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. XIII, notice « TASCHEREAU, sir HENRI-THOMAS » (taschereau_henri_thomas_13)

    • Henri-Elzéar Taschereau écrit en anglais le premier traité de droit criminel Henri-Elzéar Taschereau

      Henri-Elzéar Taschereau

      Nommé juge à trente-cinq ans et envoyé au Saguenay puis à Kamouraska, Henri-Elzéar Taschereau employa ce qu'il appelait ses « moments de loisir » à écrire un livre sur le droit criminel canadien : il en publia le premier volume en 1874 et le compléta l'année suivante. Le livre était en anglais, et c'était le premier ouvrage du genre. La publication fit sensation dans les cercles légaux : « Un ouvrage sur le droit criminel, écrit dans la langue de Shakespeare, par un Canadien-Français ! C'était une révélation. » La surprise fut plus grande encore quand les criminalistes les plus compétents du Canada et de l'Angleterre, « toute antipathie de race s'effaçant devant la valeur du travail », témoignèrent de son mérite. Deux ans plus tard, Taschereau donnait une édition annotée du Code de procédure civile du Bas-Canada.

      La phrase « Un ouvrage sur le droit criminel, écrit dans la langue de Shakespeare, par un Canadien-Français ! C'était une révélation. » est de Pierre-Georges Roy, dans son ouvrage de 1901 sur la famille. Les deux sources ne disent pas la même chose du « premier ouvrage du genre » : le Dictionnaire biographique du Canada l'écrit du traité de droit criminel, Roy le dit de l'édition annotée du Code de procédure civile de 1876.

      Roy, La famille Taschereau, p. 96-97 (feuillets 121 et 122) ; p. 98-99 (feuillets 123 et 124) ; Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. XIV, notice « TASCHEREAU, sir HENRI-ELZÉAR » (taschereau_henri_elzear_14)

    • Emprisonné sans procès en 1810, Jean-Thomas Taschereau major de milice en 1812 Jean-Thomas Taschereau

      Jean-Thomas Taschereau

      Le gouverneur Craig avait fait emprisonner Jean-Thomas Taschereau le 19 mars 1810, comme l'un des propriétaires du journal le Canadien, et l'avait relâché à la fin de juin sans jamais lui faire de procès, faute de la moindre preuve. Moins de deux ans plus tard, le même gouvernement lui confiait un commandement. Craig avait été remplacé, en 1811, par sir George Prevost ; l'Angleterre était à la veille d'entrer en guerre avec les États-Unis et avait besoin de l'appui des Canadiens français. Le 5 avril 1812, Taschereau était nommé major au 3e bataillon de la milice de la Nouvelle-Beauce, et il fit avec son bataillon toute la première partie de la campagne de cette année-là. Le 18 février 1813, Prevost le nommait député-adjudant-général de la milice du Bas-Canada, à la place du lieutenant-colonel Xavier de Lanaudière qui venait de mourir, avec pour tâche spéciale d'organiser les milices sédentaires.

      Roy, La famille Taschereau, p. 108 (feuillet 137) ; p. 109 (feuillet 138) ; p. 110 (feuillet 139)

    • Papineau juge le prétendant de Marie-Louise Taschereau, 1829 Randolph-Isham Routh et Marie-Louise Taschereau

      Randolph-Isham Routh et Marie-Louise Taschereau

      En 1829, à Québec, Randolph Isham Routh courtisait Marie-Louise Taschereau : il était commissaire général de l'armée britannique, veuf depuis 1827 et père de cinq enfants, et il avait une trentaine d'années de plus qu'elle. Elle était née à Québec le 17 avril 1811, fille de Jean-Thomas Taschereau et sœur du futur cardinal Elzéar-Alexandre. Routh était gardien de la caisse militaire dans le Haut et le Bas-Canada, dont l'importance égalait souvent celle du trésor provincial et parfois la dépassait. Au sortir d'un des nombreux bals qu'il donnait chez lui, Louis-Joseph Papineau écrivit à son épouse ce qu'il avait tiré d'un long entretien avec la mère de Marie-Louise : « Je me suis longtemps entretenu avec madame [Marie] Taschereau sur le mérite du veuf, sur sa politesse, son attention à réunir les deux sociétés canadienne et anglaise. La bonne maman en disait plus de bien que moi et m’a persuadé, sans le vouloir, que son opposition était un calcul pour faire de meilleures conditions à sa fille. » Le mariage eut lieu le 16 janvier 1830, dans la chapelle de la garnison britannique de Québec ; la mariée avait dix-huit ans.

      Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. VIII, notice « ROUTH, sir RANDOLPH ISHAM » (routh_randolph_isham_8) ; Roy, La famille Taschereau, p. 113 (feuillet 144) ; p. 114 (feuillet 145)

    • Elzéar-Alexandre Taschereau raconte un songe au banquet de son cardinalat Elzéar-Alexandre Taschereau

      Elzéar-Alexandre Taschereau

      Aux fêtes de son cardinalat, à Québec, Elzéar-Alexandre Taschereau ferma le grand banquet par un discours d'un genre inattendu : il raconta un songe. Saint Jean-Baptiste y apparaît à Mgr de Laval, le premier évêque de Québec, sur le navire qui l'amène au pays, et lui prophétise ce que ce pays sera dans deux siècles — « ces rochers couronnés par une citadelle imprenable », le séminaire et l'université « qui se glorifieront de porter ton nom », et la joie du jour où son « quinzième successeur aura été revêtu de la pourpre ». Puis ceci : « Le Canada, si petit aujourd'hui et qui compte à peine quelques centaines de Français, le Canada s'étendra alors d'un océan à l'autre, et ces océans seront reliés par un chemin de fer, sur lequel rouleront des palais emportés par le feu et l'eau. » Un coup de canon annonce l'entrée au port, et Laval s'éveille.

      Roy, La famille Taschereau, p. 134-135 (feuillets 175 et 176) ; p. 136 (feuillet 177) ; p. 130 (feuillet 169)

    • Henri-Elzéar Taschereau vote contre la Confédération et perd son siège Henri-Elzéar Taschereau

      Henri-Elzéar Taschereau

      Henri-Elzéar Taschereau était député conservateur de la Beauce à l'Assemblée législative de la province du Canada depuis juillet 1861. Il soutint publiquement le projet de confédération de John Alexander Macdonald et George-Étienne Cartier — l'union du Canada-Uni, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse en un seul Dominion, qui entrerait en vigueur le 1er juillet 1867 —, puis, au dernier moment, il vota contre : il le jugeait néfaste pour ses électeurs. En 1867, dans la circonscription fédérale comme dans la provinciale, les électeurs de la Beauce lui préférèrent un libéral protestant, Christian Henry Pozer. Sa défaite mit un terme à l'influence politique que les Taschereau exerçaient dans la région depuis de nombreuses années.

      Le motif du vote — le projet aurait nui à ses électeurs — est l'explication donnée par la source ; aucune parole de Taschereau lui-même n'est rapportée là-dessus.

      Dictionnaire biographique du Canada, DBC vol. XIV, « TASCHEREAU, sir HENRI-ELZÉAR » ; DBC, vol. XIV, notice « TASCHEREAU, sir HENRI-ELZÉAR » (taschereau_henri_elzear_14)

    • Henri-Elzéar Taschereau rappelé de l'Inde pour venir siéger à Ottawa Henri-Elzéar Taschereau

      Henri-Elzéar Taschereau

      Henri-Elzéar Taschereau, juge à la Cour suprême du Canada depuis octobre 1878, avait « l’esprit d’un nomade ». Pendant ses années à Ottawa, on dut souvent le rappeler de l'Inde, de la France ou des États-Unis pour qu'il vienne siéger aux séances du tribunal.

      L'expression « l’esprit d’un nomade » est celle de son biographe au Dictionnaire biographique du Canada, non une parole d'époque.

      Dictionnaire biographique du Canada, DBC vol. XIV, « TASCHEREAU, sir HENRI-ELZÉAR » ; DBC, vol. XIV, notice « TASCHEREAU, sir HENRI-ELZÉAR » (taschereau_henri_elzear_14)

    • Robert Taschereau siège à l'Assemblée que dirige son père, 1930-1936 Robert Taschereau

      Robert Taschereau

      Le 20 octobre 1930, Robert Taschereau est élu député libéral de Bellechasse à une élection partielle. Il a trente-quatre ans, il enseigne le droit pénal à l'Université Laval et il pratique au cabinet de son père — lequel est premier ministre du Québec depuis 1920. Robert est réélu en 1931 et en 1935, et siège ainsi cinq ans et huit mois dans une Assemblée que son père dirige.

      Les deux quittent en même temps : Louis-Alexandre Taschereau démissionne le 11 juin 1936 et ne se représente pas ; son fils non plus. Robert Taschereau fut nommé juge à la Cour suprême du Canada le 9 février 1940 et en devint juge en chef le 22 avril 1963. Son grand-père Jean-Thomas Taschereau avait siégé à la même cour, comme juge.

      Assemblée nationale du Québec, notices biographiques des députés, « Robert Taschereau (1896-1970) » et « Louis-Alexandre Taschereau (1867-1952) »

    • Thomas-Jacques Taschereau épouse à quarante-huit ans la petite-fille de Louis Jolliet Thomas-Jacques Taschereau

      Thomas-Jacques Taschereau

      Le 17 janvier 1728, Thomas-Jacques Taschereau épousa une Canadienne qui n’avait pas encore 20 ans ; lui en avait déjà 48. Il était le secrétaire de l’intendant Dupuy, l’homme qui tenait la justice, la police et les finances de la Nouvelle-France. Sa femme, Marie-Claire, était fille de Joseph de Fleury de La Gorgendière, de la noblesse canadienne, et petite-fille du découvreur Louis Jolliet — celui qui, en 1673, était descendu sur le Mississippi avec le jésuite Jacques Marquette pour chercher la route de la mer du Sud, et qui avait établi que le grand fleuve ne menait pas au Pacifique.

      Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. III, notice « TASCHEREAU, THOMAS-JACQUES » (taschereau_thomas_jacques_3)

    • La maison des Taschereau brûle pendant le siège de Québec, 1759 Gabriel-Elzéar Taschereau

      Gabriel-Elzéar Taschereau

      En 1759, les Britanniques mirent le siège devant Québec. Gabriel-Elzéar Taschereau, le futur seigneur de Sainte-Marie-de-la-Nouvelle-Beauce, avait quatorze ans ; orphelin de père depuis l'âge de quatre ans, il vivait dans la ville auprès de sa mère, Marie-Claire de Fleury de La Gorgendière. Il participa à la défense de Québec, et la maison de la famille brûla pendant le siège.

      Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. V, notice « TASCHEREAU, GABRIEL-ELZÉAR » (taschereau_gabriel_elzear_5)

    • Un curé arbitre entre deux conservateurs de la Beauce, 1857 Jean-Thomas Taschereau

      Jean-Thomas Taschereau

      En décembre 1857, deux conservateurs se disputaient la Beauce : Jean-Thomas Taschereau, frère du futur cardinal Elzéar-Alexandre Taschereau, et le député sortant Dunbar Ross. Taschereau garda une légère avance jusqu’à l’entrée en lice d’un libéral qui menaçait de l’emporter en profitant du partage du vote conservateur. Ni l’un ni l’autre ne voulait se retirer en faveur de son rival ; d’un mutuel accord, ils s’en remirent à la décision de leur ami commun, Clovis-Joseph Roy, curé de Saint-Victor, qui trancha pour le retrait de Ross. Ross fit mine d’accepter, puis se ravisa : dans Mégantic, où il était aussi candidat, l’accueil avait été plutôt froid. Ses amis répandirent de fausses rumeurs sur son retour et son avance dans la Beauce, et ce fut Taschereau qui dut abandonner, le 28 décembre, pour ne pas diviser les conservateurs. Il demanda même à ses partisans d’accorder leur confiance à Ross — non sans dénoncer sa conduite. Ross gagna.

      Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. XII, notice « TASCHEREAU, JEAN-THOMAS (1814-1893) » (taschereau_jean_thomas_1814_1893_12) ; DBC, vol. XII, notice « TASCHEREAU, ELZÉAR-ALEXANDRE » (taschereau_elzear_alexandre_12)

    • À dix-sept ans, Elzéar-Alexandre Taschereau veut se faire bénédictin à Rome Elzéar-Alexandre Taschereau

      Elzéar-Alexandre Taschereau

      En mai 1836, ses études classiques finies au petit séminaire de Québec, Elzéar-Alexandre Taschereau, seize ans, partit pour l’Europe avec son mentor, l’abbé John Holmes. À Rome, il rencontra dom Prosper Guéranger, restaurateur de l’ordre bénédictin en France ; les deux hommes se plurent aussitôt, et le 8 mai 1837 le garçon annonça péremptoirement qu’il resterait en Europe pour se faire bénédictin. Holmes, informé du projet, arriva à Rome. Les explications furent orageuses, Taschereau ne voulait pas céder ; alors Holmes écrivit à Guéranger une lettre violente et remplie de menaces, l’accusant de « conduite peu séante et peu conforme aux bonnes règles ». Devant cette missive « inconvenable », le bénédictin se contenta d’écrire au jeune homme qu’il le dégageait « entièrement et sans restriction de tout engagement d’honneur », et l’avertit que « le parti [qu’il lui] reste à prendre dépend de [lui] ». Taschereau renonça et fit ses adieux à Guéranger le 7 juillet 1837.

      Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. XII, notice « TASCHEREAU, ELZÉAR-ALEXANDRE » (taschereau_elzear_alexandre_12)

    • Elzéar-Alexandre Taschereau va deux fois à Rome contre une université à Montréal Elzéar-Alexandre Taschereau

      Elzéar-Alexandre Taschereau

      Recteur de l’université Laval, Elzéar-Alexandre Taschereau passa des années à empêcher la fondation d’une université catholique rivale à Montréal. Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal, y songeait depuis 1862 ; Taschereau écrivit contre un projet qui, disait-il, « n’aura d’autre effet que de ruiner l’Université Laval », et l’affaire fut portée à Rome, devant la Propagande — la congrégation romaine qui administrait les affaires de l’Église dans les pays de mission. Il y gagna une première fois, en mai 1862. Bourget revint à la charge ; les évêques, réunis à Trois-Rivières en octobre 1864, ordonnèrent à quatre voix contre trois une dernière tentative de conciliation, qui échoua. Taschereau repartit pour Rome le 21 novembre 1864 et y attendit jusqu’au 28 mars 1865 la décision de la Propagande : il n’était pas nécessaire d’établir une université à Montréal. Satisfait, il recommanda pourtant à ses confrères de Québec la modération dans leurs manifestations de joie.

      Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. XII, notice « TASCHEREAU, ELZÉAR-ALEXANDRE » (taschereau_elzear_alexandre_12) ; Roy, La famille Taschereau, p. 130 (feuillet 169)

    • Elzéar-Alexandre Taschereau, archevêque de Québec, levé à cinq heures, couché à neuf Elzéar-Alexandre Taschereau

      Elzéar-Alexandre Taschereau

      Archevêque de Québec, Elzéar-Alexandre Taschereau établit ce que certains de ses contemporains ont appelé le « règne de l’ordre », et donna lui-même l’exemple d’une vie scrupuleusement réglée. Levé tous les matins à cinq heures, il priait, déjeunait vite, prenait des exercices au grand air, puis travaillait à son bureau de huit heures à midi et de une heure trente à six heures trente. Le dîner du soir « dure au plus vingt minutes » ; à huit heures, les prières ; à neuf heures, le lit. Il recevait sans faire antichambre tous ceux qui se présentaient à son bureau, mais liait conversation avec difficulté : « C’est une vraie porte de prison », constata l’homme politique Hector-Louis Langevin après une entrevue.

      Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. XII, notice « TASCHEREAU, ELZÉAR-ALEXANDRE » (taschereau_elzear_alexandre_12) ; Roy, La famille Taschereau, p. 130 (feuillet 169)

    • Elzéar-Alexandre Taschereau, premier cardinal canadien en 1886, contrarié par les honneurs Elzéar-Alexandre Taschereau

      Elzéar-Alexandre Taschereau

      En 1886, Elzéar-Alexandre Taschereau, archevêque de Québec, fut fait cardinal — le premier Canadien à l’être. La nomination était réclamée depuis au moins deux ans par plusieurs évêques, mais aussi par le maire libéral de Québec, François Langelier, par le premier ministre du Canada sir John Alexander Macdonald, protestant et franc-maçon, et par le gouverneur général lord Lansdowne, qui était même prêt à faire intervenir la reine Victoria. Elle fut finalement arrachée grâce à l’habileté diplomatique de l’abbé Henri-Raymond Casgrain, de ses amis Cyrille-Étienne Légaré et Charles-Octave Gagnon et de leurs connaissances romaines, et elle donna lieu à des fêtes fastueuses dignes d’un prince de l’Église. « Contrarié » par tous ces honneurs, qu’il appelait des « persécutions », Taschereau accepta de guerre lasse de se constituer « une cour » en demandant à Rome un lot de titres ecclésiastiques pour son entourage, et ne changea rien à son train de vie.

      Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. XII, notice « TASCHEREAU, ELZÉAR-ALEXANDRE » (taschereau_elzear_alexandre_12) ; DBC vol. XII, « TASCHEREAU, ELZÉAR-ALEXANDRE »

    • Christophe Taschereau, ouvrier en soie devenu directeur de la Monnaie de Tours Christophe Taschereau

      Christophe Taschereau

      Le jour de son premier mariage, le 1er octobre 1663, Christophe Taschereau était maître ouvrier en soie. Sept ans plus tard, à son remariage, l'acte le dit « marchant maistre ouvrier en soye ». En novembre 1681, quand il fait baptiser un fils, il l'est encore — mais le parrain qu'il donne à l'enfant est Jean Peret, « ecuyer conseiller secretaire du Roy ». Et au printemps de 1694 il porte un autre titre : directeur de la Monnaie. Le directeur d'un atelier monétaire n'était pas un fonctionnaire : il traitait avec le roi pour fabriquer une quantité d'espèces, achetait lui-même le métal et vivait de ce que la fabrication laissait, la part royale déduite, sous la surveillance de la Cour des monnaies. On l'a dit aussi conseiller du roi et trésorier de la ville de Tours. Il portait encore ce titre le jour où on l'enterra, en novembre 1695.

      Rien ne dit quand ni comment Christophe Taschereau passa de la soie à la Monnaie : il est marchand maître ouvrier en soie en novembre 1681, directeur de la Monnaie en avril 1694, et aucune source ne couvre ces douze ans. Les titres de conseiller du roi et de trésorier de la ville viennent d'une notice écrite bien plus tard, non d'un acte de Tours.

      Registres de Tours (AD-37), Sainte-Croix, collection communale, baptêmes 1641-1666 et mariages 1657-1666, 6NUM7/261/120, vue 142, folio 143 recto, en-tête « Le p̃mier doctob. 1663 » ; Saint-Pierre-le-Puellier, collection communale — Mariages 1657-1682, 6NUM7/261/009, vue 152/232, folio 147, acte en marge « Christophle Taschereau et Renée Boutin » ; BMS 1681-1691, 6NUM7/261/011, vue 48/474, acte en marge « B. Jean Taschereau » ; BMS 1691-1700, 6NUM7/261/012, vue 125/350, acte en marge « Ceremonie Bapt. de Thomas Jacque Taschereau, 19 » ; BMS 1691-1700, 6NUM7/261/012, vue 180/350, acte en marge « ob. christophè Taschereau, 27 » ; Dictionnaire biographique du Canada, DBC vol. III, « TASCHEREAU, THOMAS-JACQUES »

    • Renée Boutin et Christophe Taschereau inhumés dans l'église de Saint-Pierre-le-Puellier Christophe Taschereau et Renée Boutin

      Christophe Taschereau et Renée Boutin

      Renée Boutin mourut le 10 juin 1694, à quarante-cinq ans, dans la paroisse Saint-Denis de Tours. Le lendemain, on la porta à Saint-Pierre-le-Puellier, la paroisse où elle s'était mariée, et on l'enterra à l'intérieur de l'église. Son mari, Christophe Taschereau, directeur de la Monnaie, mourut dix-sept mois plus tard, lui aussi dans la paroisse Saint-Denis : il fut inhumé le 19 novembre 1695 dans la même église, âgé d'environ cinquante-six ans. Se faire enterrer dans l'église, et non au cimetière qui l'entourait, était un privilège qui se payait et que la paroisse réservait à ses notables.

      L'acte de sépulture de Christophe Taschereau date l'inhumation, non la mort. Son âge, environ cinquante-six ans, est un dire d'acte, comme les quarante-cinq ans de sa femme.

      Roy, La famille Taschereau, p. 189 (feuillet 244) ; Registres de Tours (AD-37), Saint-Pierre-le-Puellier, collection communale, BMS 1691-1700, 6NUM7/261/012 — vue 130/350, acte en marge « ob. renée Boutin, 55 » ; vue 180/350, acte en marge « ob. christophè Taschereau, 27 »

    • Le quatorzième enfant de Louis-Achille Taschereau naît après sa mort Louis-Achille Taschereau et Hélène Taschereau

      Louis-Achille Taschereau et Hélène Taschereau

      Louis-Achille Taschereau, copropriétaire de la seigneurie Taschereau, épousa le 19 novembre 1860, à Saint-Joseph de Deschambault, sa cousine germaine Marie-Hélène Taschereau, fille d'Antoine-Charles Taschereau. Ils eurent quatorze enfants en dix-huit ans ; des sept derniers, quatre moururent avant leur deuxième année et furent inhumés dans la chapelle Sainte-Anne, à Sainte-Marie de la Beauce. Louis-Achille mourut à Sainte-Marie le 26 octobre 1879, à quarante-six ans, et fut inhumé dans la même chapelle. Le quatorzième enfant, Marie-Joseph-Louis, naquit le 20 février 1880, près de quatre mois plus tard : il ne vit jamais son père.

      Roy, La famille Taschereau, p. 183 (feuillet 236) ; p. 186 (feuillet 241)

    • Richard-Achille Fortier va prendre ses degrés de médecine à Philadelphie Richard-Achille Fortier

      Richard-Achille Fortier

      Richard-Achille Fortier, né à Québec en 1803, fils d'un négociant de la basse-ville, se destina à la médecine ; mais les écoles de médecine étaient rares dans le pays et il dut aller suivre ses cours à Philadelphie, où il prit ses degrés avec honneur en 1825. Il vint s'établir à Sainte-Marie de la Beauce et y épousa, le 15 octobre 1827, dans la chapelle Sainte-Anne ou du Domaine, Louise-Julie Taschereau. La tâche était rude pour le médecin de campagne : communications difficiles, chemins le plus souvent affreux, qui usaient vite un homme. La santé lui fit bientôt défaut, et il finit registrateur, puis cultivateur. Deux générations plus tard, son petit-fils Georges-Emile-René Fortier, reçu médecin en 1891, enseignait l'hygiène à l'université Laval.

      Roy, La famille Taschereau, p. 42 (feuillet 55) ; p. 46 (feuillet 63)

    • Joseph-André Taschereau vivait enfermé dans sa bibliothèque, à Kamouraska Joseph-André Taschereau

      Joseph-André Taschereau

      Joseph-André Taschereau, juge de la Cour supérieure à Kamouraska, vivait comme un ermite. Il ne s'était jamais marié, fuyait la société, et n'avait guère d'autres amis que ses livres : sa bibliothèque était très considérable et il s'y tenait renfermé, « d'une timidité assez étrange dans un homme de ses talents et de sa position », écrivit A.-B. Routhier dans le Journal de Québec du 2 avril 1867. Quelque temps avant sa mort, il regardait ses livres et disait : « Mes pauvres livres, ils ne me serviront plus à grand'chose. » Il mourut à Kamouraska le 30 mars 1867, d'un mal que les médecins d'alors rangeaient sous le nom générique de névrose. Il en avait été atteint deux fois déjà et s'en était tiré en remplaçant l'étude par quelques distractions ; cette fois, tout le système nerveux était épuisé par les veilles et l'étude. Routhier résuma sa mort ainsi : « il fut la victime de ses meilleurs amis, ses livres le tuèrent. »

      La source ne nomme la maladie que par le mot générique de « névrose », employé par les médecins de l'époque ; on ne sait pas de quel mal il s'agissait.

      Roy, La famille Taschereau, p. 52 (feuillet 71) ; p. 53 (feuillet 72)

    • Eugène-Arthur Taschereau meurt d'un froid pris à des funérailles Eugène-Arthur Taschereau

      Eugène-Arthur Taschereau

      Le 1er novembre 1871, lord Lisgar, gouverneur général du Canada, fait télégraphier d'Ottawa à Eugène-Arthur Taschereau, son aide de camp depuis le 17 février, de le représenter le surlendemain aux funérailles du colonel Irvine, un autre de ses aides de camp. Taschereau était déjà indisposé ; il s'y rend quand même, y prend froid, et contracte un rhumatisme inflammatoire dont il meurt à Québec le 11 décembre, à trente et un ans. Il ne s'était pas marié. Quelques semaines plus tôt, le 21 septembre, Amédée Ier, roi d'Espagne, l'avait fait chevalier d'Isabelle la Catholique pour ses services de vice-consul à Québec.

      Roy, La famille Taschereau, p. 90 et 92 (feuillets 113 et 115)

    • Pierre-Adolphe Taschereau, assistant médecin du port, montait à bord à la Pointe-au-Père Pierre-Adolphe Taschereau

      Pierre-Adolphe Taschereau

      Pierre-Adolphe Taschereau, né à Sainte-Marie de la Beauce en 1837, fut admis à la pratique de la médecine le 8 octobre 1861 et nommé peu après assistant médecin du port de Québec. Il n'attendait pas les navires à la Grosse-Île, la station de quarantaine en aval de la ville : afin de retenir les vapeurs le moins longtemps possible, il s'embarquait avec le pilote loin en aval, à la Pointe-au-Père, et faisait l'examen des passagers pendant la remontée du fleuve. Tard dans l'automne de 1866, par un grand froid, une fausse manœuvre des marins qui conduisaient sa chaloupe la fit chavirer. Il réussit à se sauver, mais il contracta une pneumonie dont il ne se releva pas : il mourut le 29 décembre 1868, à trente et un ans.

      Roy, La famille Taschereau, p. 89 (feuillet 112) ; p. 90 (feuillet 113)

    • Edward-John Routh, né à Québec, professeur à Cambridge Edward-John Routh

      Edward-John Routh

      Edward-John Routh naquit à Québec le 20 janvier 1831, l'aîné des neuf enfants de Marie-Louise Taschereau et de Randolph-Isham Routh, commissaire général des troupes anglaises au Canada. Il devint professeur à l'université de Cambridge, membre de plusieurs sociétés savantes d'Angleterre et du continent, et publia des ouvrages remarquables. Le 31 août 1864, à Greenwich, il épousa Hilda, fille de sir George Biddell Airy, l'astronome royal — celui qui dirigeait l'observatoire royal de Greenwich, d'où se compte le méridien d'origine. Leurs six enfants naquirent tous à Cambridge.

      Roy, La famille Taschereau, p. 115 (feuillet 148) ; p. 113-114 (feuillets 144 et 145) ; p. 107 (feuillet 136)

    • Charles-Randolph-Taschereau Kilkelly, chirurgien militaire né aux Indes Charles-Randolph-Taschereau Kilkelly

      Charles-Randolph-Taschereau Kilkelly

      Charles-Randolph-Taschereau Kilkelly naquit à Allyghur, dans les Indes, le 7 avril 1861. Sa mère, Louisa-Isabel Routh, petite-fille de Jean-Thomas Taschereau, député de Dorchester à la Chambre d'assemblée, avait épousé à Calcutta, le 8 novembre 1859, le chirurgien général Charles-Edward Kilkelly, de Drimcong, en Irlande. Chirurgien-major aux Grenadier Guards, Charles-Randolph servit aux Indes et en Égypte et se trouva à Omdurman, où l'armée anglo-égyptienne écrasa en 1898 les mahdistes du Soudan. En 1889, il avait accompagné comme médecin le duc de Connaught dans son voyage à travers la Chine, le Japon et le Canada ; pendant la guerre d'Afrique du Sud, il dirigea les trois principaux hôpitaux de l'armée anglaise.

      La source imprime « Ondurman » et range la bataille en Égypte : c'est Omdurman, au Soudan, le 2 septembre 1898.

      Roy, La famille Taschereau, p. 116 (feuillet 149) ; p. 115 (feuillet 148) ; p. 113-114 (feuillets 144 et 145) ; p. 107 (feuillet 136)

    • Marie Panet fonde en 1831 une société pour les enfants pauvres Marie Panet

      Marie Panet

      Marie Panet est à l'origine de la Société charitable des Dames catholiques de Québec, fondée en 1831 dans le but de « pourvoir à l'éducation des enfants pauvres ». Fille de Jean-Antoine Panet, orateur de la Chambre d'Assemblée, elle avait épousé à Québec, le 19 mai 1806, l'honorable Jean-Thomas Taschereau, dont elle eut sept enfants. Elle est morte à Sainte-Marie de la Beauce le 14 septembre 1866, à soixante-dix-sept ans. La Société, elle, « n'a pas cessé d'exister et elle est plus prospère que jamais ».

      La Société est dite « plus prospère que jamais » au présent de la source ; ce qu'elle est devenue après n'est pas dit.

      Roy, La famille Taschereau, p. 113 (feuillet 144)

    • Joseph-Édouard Taschereau meurt à New-York, son fils naît six mois après Joseph-Édouard Taschereau et Jean-Thomas-Joseph Taschereau

      Joseph-Édouard Taschereau et Jean-Thomas-Joseph Taschereau

      Joseph-Édouard Taschereau, avocat de Québec admis au barreau à vingt-deux ans, tombe malade vers 1889 ; le mal l'avait « au physique, rendu méconnaissable ». Il subit à Québec trois opérations que ses amis croyaient mortelles, et chaque fois il se relevait plus confiant. Puis il part pour New-York en subir une dernière. L'opération réussit, mais une complication l'emporte : il meurt à l'hôpital Roosevelt le 20 juillet 1891, à vingt-huit ans — « mort sur la terre étrangère », écrit le lendemain un ami dans l'Électeur. Sa femme, Marie-Clara-Amélie Dionne, épousée quatre ans plus tôt, met au monde leur fils Jean-Thomas-Joseph le 26 janvier 1892, six mois après la mort du père.

      La maladie n'est nommée nulle part : ni la notice ni la lettre de l'Électeur ne disent de quoi il souffrait.

      Roy, La famille Taschereau, p. 145-147 (feuillets 190-192)

    • Louis-Elzéar Taschereau et ses neuf enfants nés à Boston, 1873-1887 Louis-Elzéar Taschereau et Caroline Milot

      Louis-Elzéar Taschereau et Caroline Milot

      Louis-Elzéar Taschereau naît à Sainte-Marie de la Beauce le 29 août 1847. Il épouse à Boston, le 31 mars 1872, Caroline, fille de Célestin Milot et de Charlotte Oneille ; leurs neuf enfants naissent tous dans cette ville, entre janvier 1873 et février 1887. La généalogie familiale de 1989 ne retenait de cette branche passée aux États-Unis que le nombre : neuf enfants, aucun nommé. Ils s'appelaient Caroline, Charles, Louis-Alexandre, Charles, Louis, Caroline, Elzéar, Caroline et Adèle. Rien ne dit quand ni pourquoi Louis-Elzéar avait quitté la Beauce pour Boston.

      La généalogie familiale de 1989 n'est pas citée mot pour mot : sa page n'est pas transcrite au dépôt, seul en existe le résumé, qui porte le mariage de Boston et neuf enfants sans en nommer un seul. Les neuf prénoms, les jours et les lieux viennent tous du livre de 1901.

      Roy, La famille Taschereau, p. 179 (feuillet 232) ; p. 180 (feuillet 233) ; Généalogie de la famille Taschereau, p. 105

    • Deux naissances à Castel-Coucy, la résidence d'été des Taschereau Antoine-Jean Taschereau et Marie-Hélène Taschereau

      Antoine-Jean Taschereau et Marie-Hélène Taschereau

      Deux des enfants de l'honorable Jean-Thomas Taschereau sont nés dans une maison qui portait un nom : Antoine-Jean-Thomas-Caron le 29 juillet 1864, sa sœur Marie-Hélène le 31 août 1869, tous deux « à Castel-Coucy, paroisse Saint-Sauveur de Québec » — deux naissances d'été à cinq ans d'écart sous le même toit. Le nom appelait une explication, et elle est imprimée au bas de la page : « Castel-Coucy, résidence d'été de la famille Taschereau ». La maison se tenait sur les bords de la petite rivière Saint-Charles, hors de la ville : Saint-Sauveur ne fut annexée à Québec qu'en 1889.

      Le rapprochement des deux naissances est une lecture : chacune est imprimée dans sa propre rubrique, à cinq pages d'écart, et l'explication du nom Castel-Coucy n'accompagne que la première. La date d'annexion de Saint-Sauveur ne vient pas de l'ouvrage.

      Roy, La famille Taschereau, p. 147 (feuillet 192) ; p. 152 (feuillet 199) ; p. 143 (feuillet 186)

    • Deux sœurs Taschereau mariées dans des temples presbytériens de Québec Thomas-Pierre-Joseph Taschereau et Françoise Boucher

      Thomas-Pierre-Joseph Taschereau et Françoise Boucher

      Deux filles de Thomas-Pierre-Joseph Taschereau et de Françoise Boucher de La Bruère se sont mariées dans des temples presbytériens de Québec, à quatre ans d'écart : Françoise-Rachel épouse Paul Charlton à l'église presbytérienne Chalmers le 30 juillet 1842, et sa sœur Catherine-Zoé épouse Charles Pentland à St. Andrew's le 4 juillet 1846. L'une et l'autre avaient pourtant été baptisées dans une paroisse catholique — Rachel à Notre-Dame de Québec le 23 janvier 1815, Catherine-Zoé à Sainte-Marie de la Beauce le 1er juin 1817.

      Les deux noces sont connues par des lignes d'index et par des fiches compilées ; les actes eux-mêmes n'ont pas été lus.

      LAFRANCE (Drouin), Recherche centrale et liste d'actes LAFRANCE, noces de 1842 et 1846 (lot c157-u00008-boucher)

    • Un frère et une sœur mariés le même jour à Granby, 1943 Cyrille Taschereau et Marie-Anna Provencher

      Cyrille Taschereau et Marie-Anna Provencher

      Le 28 août 1943, deux enfants de Cyrille Taschereau et de Marie-Anna Provencher se marièrent le même jour, dans la même église : Notre-Dame de Granby. Bruno Taschereau, vingt-cinq ans, épousa Bernadette Rondeau, fille d'Armand Rondeau et de Malvina Champagne ; sa sœur Violette, dix-neuf ans, épousa Gérard St-Onge, fils de Gilas St-Onge et de Rose-Amanda Raymond.

      LAFRANCE (Drouin), LAFRANCE, mariage, Granby (Notre-Dame), 1943-08-28 — réf. 6277964 (Bruno Taschereau) ; réf. 6277953 (Violette Taschereau) ; Généalogie Québec, recherche centrale, cartes Mariage LaFrance, ordinaux 1873 et 1874 ; LAFRANCE, mariage, Granby, qc, 1943-08-28, réf. 10304114 et 10292769 — copies civiles

    • Thomas-Jacques Taschereau baptisé et inhumé, son père en France, 1729 Thomas-Jacques Taschereau

      Thomas-Jacques Taschereau

      Le 11 février 1729, à Notre-Dame de Québec, on baptisa Thomas-Jacques, né la veille, fils de Thomas-Jacques Taschereau, écuyer, sieur de Sapaille, et de dame Marie-Claire Fleury de la Gorgendière. Le père n'était pas là : il était « de present en france ». L'enfant mourut le 23 février. On l'inhuma le lendemain dans le cimetière de la paroisse, en présence du seul François Rouillard, « qui a dit ne scavoir signer ».

      L'acte de sépulture donne l'enfant pour âgé de quinze jours ; l'acte de baptême le fait naître le 10 février, ce qui en ferait treize. Dans l'acte de baptême, le mois est rayé et réécrit, illisible sous la rature : « février » vient de l'index.

      LAFRANCE (Drouin), LAFRANCE, baptême, Québec (Notre-Dame-de-Québec), 1729-02-11, réf. 66070, image d1p_31420815.jpg ; LAFRANCE, sépulture, Québec (Notre-Dame-de-Québec), 1729-02-24, réf. 72521, image d1p_31420816.jpg

    • Philippe-Benjamin Dumoulin épouse deux Taschereau, à vingt-six ans d'écart Louise-Hermine Taschereau et Philippe-Benjamin Dumoulin

      Louise-Hermine Taschereau et Philippe-Benjamin Dumoulin

      Le 14 septembre 1893, à Saint-Joseph de la Beauce, Philippe-Benjamin Dumoulin, gérant de la Banque du Peuple à Québec et veuf de Marie-Élisabeth Marcoux, épouse Marie-Louise Taschereau, fille du notaire et shérif du district de Beauce Thomas-Jacques Taschereau. Ce n'est pas le curé qui les marie : c'est le cardinal Taschereau, archevêque de Québec, qui avait lui-même accordé la dispense de deux bans cinq jours plus tôt. Une quarantaine de personnes signent le registre. Vingt-six ans plus tard, le 2 octobre 1919, Dumoulin, veuf de Marie-Louise, épouse une autre Taschereau : Joséphine-Marie-Louise, veuve d'Eberhard Hecker, d'Ottawa. Cette noce-là n'a pas lieu à l'église, mais à Spencer Wood, la résidence du lieutenant-gouverneur du Québec, à Sillery, avec dispense des trois bans du cardinal Bégin, archevêque de Québec.

      Les deux actes ne disent pas comment Joséphine-Marie-Louise Taschereau, la seconde femme, était parente de Marie-Louise, la première.

      LAFRANCE (Drouin), LAFRANCE, mariage St-Joseph-de-Beauce 1893-09-14, acte M.22, images d1p_7440995.jpg et d1p_7440996.jpg ; LAFRANCE, mariage Sillery 1919-10-02, réf. 6420819, acte M.14, image d1p_1679A1148.jpg

    • Trois enfants Taschereau Dumoulin morts avant quatre ans, cimetière Belmont Marie-Jean-Taschereau-Yves Dumoulin et Marie-Gaspard Dumoulin et Auguste Taschereau Dumoulin

      Marie-Jean-Taschereau-Yves Dumoulin et Marie-Gaspard Dumoulin et Auguste Taschereau Dumoulin

      Au cimetière Belmont, à Québec, une pierre porte le nom Taschereau Dumoulin et trois noms d'enfants. Yves Taschereau Dumoulin, 1894-1897. Gaspard Taschereau Dumoulin, 1898-1899. Auguste Taschereau Dumoulin, 1902-1903. Aucun des trois n'a vécu quatre ans, et neuf ans séparent la naissance du premier de la mort du dernier.

      La pierre ne donne que les millésimes : l'âge exact des trois enfants ne s'en déduit pas.

      Le Nécrologe, Le Nécrologe (pierres tombales), cimetière Belmont, Québec — entrées 31 et 32 (média M0289)

    • La famille ignore la date de la mort de Maurice Taschereau Maurice Taschereau

      Maurice Taschereau

      Maurice Taschereau, autrefois d'Ottawa, fils de sir Henri-Elzéar Taschereau, est mort dans l'île de Majorque à cinquante-six ans, et il a été inhumé dans le cimetière catholique de Palma. À la fin de mars 1961, sa famille ignorait encore quel jour il était mort.

      L'avis de décès, paru le 27 mars 1961, imprime le nom « Taschreau » et ne donne pas la date de la mort.

      Le Nécrologe, Le Nécrologe (avis de journaux), avis M. MAURICE TASCHEREAU, La Presse du 27 mars 1961 (média M0358)

    • Joseph-André Taschereau, fils de seigneurs, enquête sur la tenure seigneuriale, 1842 Joseph-André Taschereau

      Joseph-André Taschereau

      En 1842, trois commissaires furent chargés d'enquêter sur la tenure seigneuriale — le régime hérité de la Nouvelle-France dans lequel l'habitant tenait sa terre d'un seigneur à qui il devait rentes et redevances. L'un des trois était Joseph-André Taschereau, avocat de Québec, fils du seigneur de Sainte-Marie-de-la-Nouvelle-Beauce et frère de Pierre-Elzéar Taschereau, qui tenait alors la seigneurie. Un an plus tard, les commissaires déposèrent au parlement un rapport minutieux décrivant la tenure telle qu'on la pratiquait dans le Bas-Canada — et « d’un ton généralement favorable aux seigneurs ». Le régime seigneurial fut aboli douze ans plus tard, en 1854.

      Dictionnaire biographique du Canada, DBC vol. IX, « TASCHEREAU, JOSEPH-ANDRÉ » (dépouillement complet)

    • Gabriel-Elzéar Taschereau et Jean-Antoine Panet freinent l’enquête sur les biens des jésuites Gabriel-Elzéar Taschereau

      Gabriel-Elzéar Taschereau

      Après la cession du Canada, le général anglais sir Jeffery Amherst demanda à Georges III de lui concéder les biens des jésuites. Avant de céder, le roi fit instituer par lord Dorchester une commission chargée de rechercher s'il le pouvait légalement. Deux Canadiens siégeaient dans sa section de Québec : Gabriel-Elzéar Taschereau, seigneur de Sainte-Marie-de-la-Nouvelle-Beauce, et l'avocat Jean-Antoine Panet, qui avait rédigé la pétition par laquelle 195 « habitants respectables » de Québec réclamaient que ces biens servent à l'éducation des Canadiens. Les deux hommes ralentirent le plus possible les travaux, insistant sur des préalables légaux — une proclamation en bonne et due forme, par exemple, pour obliger les habitants à exhiber leurs titres. Puis ils refusèrent de signer le rapport des commissaires de Québec et présentèrent, en 1790, un rapport minoritaire.

      La date de la commission diffère selon la source : le 7 janvier 1788 pour la nomination des huit commissaires par Dorchester, décembre 1787 pour l'institution de la commission, 1787 pour la nomination de Taschereau.

      Roy, La famille Taschereau, p. 28 (feuillet 37) ; Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. V, notice « PANET, JEAN-ANTOINE » (panet_jean_antoine_5) ; DBC, vol. V, notice « TASCHEREAU, GABRIEL-ELZÉAR » (taschereau_gabriel_elzear_5) ; Roy, La famille Taschereau, p. 27 (feuillet 36)

    • Gabriel-Elzéar Taschereau élu à la première Chambre d’assemblée, 1792 Gabriel-Elzéar Taschereau

      Gabriel-Elzéar Taschereau

      Jusque-là, la colonie n'avait jamais élu personne : c'est la constitution de 1791 qui donna au Bas-Canada sa première Chambre d'assemblée, et Gabriel-Elzéar Taschereau, seigneur de Sainte-Marie-de-la-Nouvelle-Beauce, fut de la toute première fournée de députés. Élu le 10 juillet 1792 dans Dorchester — un comté qui couvrait alors ce qui est devenu Dorchester, la Beauce et Lévis — il y représenta le comté avec Ignace-Michel-Louis-Antoine d'Irumberry de Salaberry et siégea jusqu'à la fin de ce premier Parlement, le 31 mai 1796. À la Chambre, il présida le comité sur l'établissement des cours de justice.

      Les deux sources ne donnent pas le même jour d'élection : le 10 juillet 1792 pour l'une, le 17 juillet 1792 pour l'autre.

      Roy, La famille Taschereau, p. 28 (feuillet 37) ; Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. V, notice « TASCHEREAU, GABRIEL-ELZÉAR » (taschereau_gabriel_elzear_5)

    • Un notaire qui n'exerça jamais publie le Petit Code militaire, 1884 Joseph-Ernest Taschereau

      Joseph-Ernest Taschereau

      En 1884, Joseph-Ernest de Montarville Taschereau publia un Petit Code militaire, qui combla une lacune dans la bibliothèque du militaire canadien-français. Il avait été commissionné notaire le 5 novembre 1868 et n'exerça jamais : un emploi au bureau de la Trinité, à Québec, l'attendait presque aussitôt, puis l'armée le prit. Lieutenant au Régiment canadien d'artillerie, il fut appelé en août 1872 en garnison à l'île Sainte-Hélène, près de Montréal, puis envoyé au Manitoba à la tête d'un détachement d'artillerie. Il commandait comme capitaine la batterie B à Kingston en 1880, et fut fait major de brigade du 7e district militaire à l'automne de 1883 ; il occupa ce poste jusqu'à sa mort, à Sainte-Marie de la Beauce, le 18 janvier 1893.

      Le livre lui est attribué sous le grade de lieutenant-colonel, qui ne paraît nulle part ailleurs dans le récit de sa carrière.

      Roy, La famille Taschereau, p. 61 (feuillet 82) ; p. 62 (feuillet 83)

    • Marie-Célanire Taschereau, l'une des fondatrices de l'Hôtel-Dieu de Chicoutimi Marie-Célanire Taschereau

      Marie-Célanire Taschereau

      Marie-Célanire Taschereau, née à Sainte-Marguerite, dans le comté de Dorchester, le 12 novembre 1844, entra à l'Hôpital-Général de Québec le 7 juin 1872 et y fit profession le 8 janvier 1874 sous le nom de Marie-Célanire de Saint-Elzéar. Elle fut ensuite élue comme l'une des fondatrices de l'Hôtel-Dieu de Chicoutimi, où elle occupa successivement les charges de maîtresse des novices, de supérieure et de dépositaire.

      Roy, La famille Taschereau, p. 61 (feuillet 82)

    • Pierre Taschereau, du contentieux du Canadien National à la tête d'Air Canada Pierre Taschereau

      Pierre Taschereau

      Pierre Taschereau, né en 1920, commença sa carrière comme procureur adjoint pour le Québec au contentieux du Canadien National et la termina président du conseil d'administration d'Air Canada. Entre les deux : l'étude Geoffrion et Prud'Homme, dont il devint membre principal, la vice-présidence de la Commission canadienne des transports, puis la vice-présidence et enfin la présidence du conseil d'administration du Canadien National lui-même — la compagnie dont il avait plaidé les causes. Il fut aussi gouverneur de l'hôpital Marie-Enfant et de l'Hôpital général de Montréal, où il mourut le 12 août 2004, à quatre-vingt-quatre ans.

      FQSG — avis de décès, avis 6018 — TASCHEREAU, Pierre, † 2004-08-12

    • Soixante-dix-huit ans de vie religieuse pour sœur Thérèse Taschereau, morte en 2021 Thérèse Taschereau

      Thérèse Taschereau

      Thérèse Taschereau entra chez les Sœurs de Sainte-Chrétienne vers ses vingt ans et y passa soixante-dix-huit années, sous le nom de sœur Sainte-Marie-Cécilia. Née à Saint-Grégoire-de-Montmorency le 16 mai 1923, fille d'Eugène Taschereau et de Valérie Bouchard, elle fut, avec des consœurs, à l'origine de « Terre Nouvelle », une maison de croissance personnelle. Elle mourut à l'hôpital de l'Enfant-Jésus, à Québec, le 14 mars 2021, à quatre-vingt-dix-sept ans et dix mois. La Covid-19 renvoya ses funérailles à une date indéterminée : la cérémonie devait avoir lieu plus tard à l'église Saint-Ignace-de-Loyola, et ses cendres être déposées ensuite au cimetière de Giffard, dans le lot de sa communauté.

      L'année de son entrée en religion n'est pas donnée : « vers ses vingt ans » se déduit des soixante-dix-huit ans de vie religieuse comptés à sa mort et de sa naissance en 1923.

      FQSG — avis de décès, avis 7891036 — TASCHEREAU, sœur Thérèse, † 2021-03-14

    • L'épinglette du prince Arthur à Eugène-Arthur Taschereau, Québec 1869 Eugène-Arthur Taschereau

      Eugène-Arthur Taschereau

      Le 15 septembre 1869, le prince Arthur, troisième fils de la reine Victoria, débarquait à Québec ; il y resta jusqu'au 20. Son compagnon le plus assidu pendant ces cinq jours fut Eugène-Arthur Taschereau, aide de camp du lieutenant-gouverneur sir Narcisse Belleau, rentré du Mexique deux ans plus tôt. Les journaux du temps remarquèrent que le prince « avait une sympathie particulière pour lui ». Pour reconnaître les bons offices de son jeune aide de camp, il lui fit cadeau d'une épinglette : au centre le monogramme du prince entouré de perles, au-dessus une couronne garnie de rubis et d'émeraudes, et au revers cette inscription — « Du prince Arthur, 1869 ».

      Roy, La famille Taschereau, p. 91 (feuillet 114) ; p. 92-93 (feuillets 115 et 116)

    • Thomas-Pierre-Joseph Taschereau s'associe avec son frère pour construire une distillerie, 1804 Thomas-Pierre-Joseph Taschereau

      Thomas-Pierre-Joseph Taschereau

      Le 1er décembre 1804, Thomas-Pierre-Joseph Taschereau s'associa avec son frère Jean-Thomas pour faire le commerce de détail et pour construire une distillerie sur le domaine seigneurial de leur père, à Sainte-Marie-de-la-Nouvelle-Beauce. Il avait vingt-neuf ans et venait de rejoindre la famille dans la seigneurie, où il s'était fait bâtir une maison près de l'église. La société fut dissoute le 6 août 1808 : elle n'avait pas duré quatre ans. Leur père mourut l'année suivante, et Thomas-Pierre-Joseph devint alors seigneur en titre de Sainte-Marie.

      Rien n'établit que la distillerie ait été bâtie : les deux frères s'associent « pour construire », et la société est dissoute moins de quatre ans plus tard.

      Dictionnaire biographique du Canada, DBC vol. VI, « TASCHEREAU, THOMAS-PIERRE-JOSEPH »

    • Thomas-Pierre-Joseph Taschereau paie de sa poche la solde de ses miliciens, 1812 Thomas-Pierre-Joseph Taschereau

      Thomas-Pierre-Joseph Taschereau

      Quand la guerre de 1812 éclata, Thomas-Pierre-Joseph Taschereau, seigneur de Sainte-Marie-de-la-Nouvelle-Beauce, fut rappelé sous les drapeaux : lieutenant-colonel du bataillon de milice de sa seigneurie, puis d'un bataillon de la milice d'élite incorporée avec lequel il fit toute la campagne de 1812-1813. Plusieurs de ses hommes s'étaient engagés par pur patriotisme, sans être vraiment mobilisés ; il paya leur solde de ses propres deniers. Son bataillon, lui, ne figura dans aucune bataille rangée — il prit part à une escarmouche.

      Le paiement de la solde n'est pas affirmé fermement par la source, qui écrit « semble-t-il ».

      Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. VI, notice « TASCHEREAU, THOMAS-PIERRE-JOSEPH » (taschereau_thomas_pierre_joseph_6)

    • Les seigneuries de Thomas-Pierre-Joseph Taschereau à un seul de ses dix enfants Thomas-Pierre-Joseph Taschereau

      Thomas-Pierre-Joseph Taschereau

      Thomas-Pierre-Joseph Taschereau mourut à Québec le 8 octobre 1826 et fut inhumé quatre jours plus tard dans l'église de Sainte-Marie-de-la-Nouvelle-Beauce. Son testament laissait à sa femme, Françoise Boucher de La Bruère de Montarville, l'usufruit de tous ses biens meubles et immeubles ; les seigneuries, elles, allaient à un seul de ses fils, Pierre-Elzéar, mais à une condition : payer chaque année à ses frères et sœurs la moitié du revenu des immeubles. Ils étaient dix enfants.

      Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. VI, notice « TASCHEREAU, THOMAS-PIERRE-JOSEPH » (taschereau_thomas_pierre_joseph_6)

    • Jean-Thomas Taschereau quitte la Cour suprême, l'un des fondateurs d'une société savante Jean-Thomas Taschereau

      Jean-Thomas Taschereau

      Jean-Thomas Taschereau, frère du cardinal Elzéar-Alexandre Taschereau, était entré à la Cour suprême du Canada le 8 octobre 1875, ce qui couronna sa carrière ; sa santé chancelante l’obligea à prendre sa retraite trois ans plus tard, le 6 octobre 1878. La même année, il fut l’un des fondateurs de la Société de géographie de Québec.

      Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. XII, notice « TASCHEREAU, JEAN-THOMAS (1814-1893) » (taschereau_jean_thomas_1814_1893_12) ; DBC, vol. XII, notice « TASCHEREAU, ELZÉAR-ALEXANDRE » (taschereau_elzear_alexandre_12)

    • Elzéar-Alexandre Taschereau remet presque tous ses pouvoirs à son coadjuteur, 1891 Elzéar-Alexandre Taschereau

      Elzéar-Alexandre Taschereau

      À la fin de 1891, Elzéar-Alexandre Taschereau, archevêque et cardinal, céda immédiatement presque tous ses pouvoirs à son coadjuteur — un évêque adjoint qui a droit de succéder à l’évêque en charge —, geste inouï pour quelqu’un qui avait toujours voulu gouverner seul, en tenant tous les fils et en surveillant chaque détail. Ses forces l’avaient lâché : dès 1887, en faisant l’ascension du cap Tourmente, il avait senti les premières manifestations du déclin, et il avait bientôt dû diminuer ses activités, puis, en 1891, demander ce coadjuteur. Son choix s’était porté sur l’évêque de Chicoutimi, Mgr Bégin, dont il n’avait obtenu la nomination qu’après plusieurs mois de tergiversations et de supplications.

      Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. XII, notice « TASCHEREAU, ELZÉAR-ALEXANDRE » (taschereau_elzear_alexandre_12)

    • Henri-Elzéar Taschereau vend le domaine de Sainte-Marie, 1874 Henri-Elzéar Taschereau

      Henri-Elzéar Taschereau

      En 1874, Henri-Elzéar Taschereau vendit le domaine de Sainte-Marie-de-la-Nouvelle-Beauce. Il en avait hérité à huit ans, à la mort de son père Pierre-Elzéar — une partie de la seigneurie et le manoir seigneurial —, et sa mère, Hémédine Dionne, avait administré cet héritage jusqu'à sa majorité. Ce fut la magistrature qui l'en éloigna : juge de la Cour supérieure, il fut envoyé en janvier 1871 dans les districts de Saguenay et de Chicoutimi, puis en 1873 dans celui de Kamouraska, et ses obligations le forçaient à quitter le domaine. Avant de le vendre, il l'avait loué quelque temps.

      Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. XIV, notice « TASCHEREAU, sir HENRI-ELZÉAR » (taschereau_henri_elzear_14)

    • Henri-Thomas Taschereau démontre que vingt-six fabricants de papier avaient influencé les prix Henri-Thomas Taschereau

      Henri-Thomas Taschereau

      En 1901, le gouvernement fédéral voulut savoir s'il existait un monopole parmi les fabricants et les marchands de papier au Canada, et chargea de l'enquête le juge Henri-Thomas Taschereau, nommé commissaire d'une commission royale. Il remit son rapport au secrétaire d'État l'année suivante. Il y démontrait qu'une association réunissant vingt-six compagnies de fabricants de papier avait influencé les prix « alors courants en Canada d’au moins vingt-cinq centins par cent livres sur le papier journal en feuilles et en rouleaux ».

      Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. XIII, notice « TASCHEREAU, sir HENRI-THOMAS » (taschereau_henri_thomas_13)

    • Christophe Taschereau épouse la fille d'un teinturier en soie, Tours 1663 Christophe Taschereau

      Christophe Taschereau

      Le 1er octobre 1663, à Sainte-Croix de Tours, Christophe Taschereau, maître ouvrier en soie, épousa Françoise Belgarde, fille d'un marchand maître teinturier en soie. Les deux familles tenaient le même commerce par ses deux bouts : lui travaillait la soie, le père de la mariée la teignait. La ville en vivait depuis que Louis XI y avait installé, en 1470, la première manufacture de soie du royaume ; au milieu du siècle suivant, quatre à cinq cents ateliers y tournaient et des dizaines de milliers de personnes en dépendaient.

      Registres de Tours (AD-37), Sainte-Croix, collection communale, baptêmes 1641-1666 et mariages 1657-1666, 6NUM7/261/120, vue 142, folio 143 recto, en-tête « Le p̃mier doctob. 1663 » ; Roy, La famille Taschereau, p. 189 (feuillet 244)

    • Françoise Belgarde, cinq enfants en cinq ans et demi, morte en 1669 Francoise Bellegarde

      Francoise Bellegarde

      Françoise Belgarde épousa Christophe Taschereau, maître ouvrier en soie, le 1er octobre 1663, à Sainte-Croix de Tours. En cinq ans et demi elle eut cinq enfants, tous baptisés à Saint-Pierre-le-Puellier, la paroisse de son mari : Jeanne-Françoise en juin 1664, puis Pierre, puis Louis, puis Françoise le 13 novembre 1667, et enfin, le 9 avril 1669, un garçon qui reçut le prénom de son père, Christophe. Un mois plus tard, en mai 1669, on l'inhuma dans cette même paroisse.

      Le quantième de sa sépulture est illisible — trois pâtés d'encre couvrent le jour — et l'acte ne porte pas l'année ; le 9 mai 1669 est la date de mort que donne un relevé postérieur. Son âge n'est écrit nulle part, et rien ne dit de quoi elle mourut.

      Registres de Tours (AD-37), Sainte-Croix, collection communale, baptêmes 1641-1666 et mariages 1657-1666, 6NUM7/261/120, vue 142, folio 143 recto, en-tête « Le p̃mier doctob. 1663 » ; Roy, La famille Taschereau, p. 189 (feuillet 244) ; Registres de Tours (AD-37), Saint-Pierre-le-Puellier, collection communale, baptêmes 1656-1674, 6NUM7/261/008 — vue 199, acte en marge « Jeanne Francoise Taschereau » ; vue 229, acte en marge « Pierre Taschereau » ; vue 257, acte en marge « Louys Taschereau » ; vue 290, acte en marge « Francoise Taschereau » ; vue 328, acte en marge « Christophle Tachereau » ; Saint-Pierre-le-Puellier, collection communale, sépultures 1665-1674, 6NUM7/261/007, vue 66, folio 11, acte en marge « ✠ franco. Belgarde, 5 » ; Fichier Origine (fiche 243890), TASCHEREAU / SAPAILLÉ (de), Thomas-Jacques — mise à jour du 04-12-2024

    • Christophe Taschereau se remarie sur un seul ban, Tours 1670 Christophe Taschereau

      Christophe Taschereau

      Dix-huit mois après avoir enterré sa femme, Christophe Taschereau se remaria. Le 27 novembre 1670, à Saint-Pierre-le-Puellier de Tours, il épousa Renée Boutin, qui avait environ vingt-deux ans, fille de René Boutin, procureur au siège présidial de la ville. L'Église exigeait alors que le mariage fût publié trois dimanches de suite ; il ne le fut qu'une fois. Trois jours avant la noce, le vicaire général de Tours avait dispensé le couple des deux autres bans — le siège archiépiscopal était vacant, et la dispense émanait de lui. On accordait couramment cette faveur aux veufs qui se remariaient.

      L'acte ne donne à Renée Boutin qu'un âge approximatif, environ vingt-deux ans ; sa date de naissance n'est pas connue.

      Registres de Tours (AD-37), Saint-Pierre-le-Puellier, collection communale, Mariages 1657-1682, 6NUM7/261/009, vue 152/232, folio 147, acte en marge « Christophle Taschereau et Renée Boutin » ; Roy, La famille Taschereau, p. 189 (feuillet 244) ; Registres de Tours (AD-37), Saint-Pierre-le-Puellier, collection communale, sépultures 1665-1674, 6NUM7/261/007, vue 66, folio 11, acte en marge « ✠ franco. Belgarde, 5 »

    • Douze enfants de Christophe Taschereau baptisés à Saint-Pierre-le-Puellier de Tours Christophe Taschereau et Renée Boutin

      Christophe Taschereau et Renée Boutin

      Christophe Taschereau se maria deux fois et fit porter douze enfants sur les mêmes fonts, ceux de Saint-Pierre-le-Puellier de Tours. Cinq lui vinrent de Françoise Belgarde, qu'il épousa en 1663 et qui mourut en mai 1669 ; les sept autres de Renée Boutin, qu'il épousa en novembre 1670. Onze furent baptisés en dix-sept ans, de juin 1664 à novembre 1681 ; le douzième, Thomas-Jacques, ondoyé à sa naissance en août 1680, ne reçut les cérémonies du baptême qu'en avril 1694. Deux des fils portèrent le même prénom, Jean : l'un baptisé le 1er mars 1675, l'autre le 4 novembre 1681.

      Rien ne dit ce qu'il advint du premier Jean, baptisé en 1675, dont un cadet reçut le prénom six ans plus tard.

      Roy, La famille Taschereau, p. 189 (feuillet 244) ; Registres de Tours (AD-37), Saint-Pierre-le-Puellier, collection communale, baptêmes 1656-1674, 6NUM7/261/008 — vue 199, acte en marge « Jeanne Francoise Taschereau » ; vue 229, acte en marge « Pierre Taschereau » ; vue 257, acte en marge « Louys Taschereau » ; vue 290, acte en marge « Francoise Taschereau » ; vue 328, acte en marge « Christophle Tachereau » ; vue 430, acte en marge « Rene Taschereau » ; vue 514, folio 475, acte en marge « Anne Agathe Chaschereau » ; Saint-Pierre-le-Puellier, collection communale, BMS 1674-1680, 6NUM7/261/010 — vue 21/402, folio 17, acte en marge « B. Jean Taschereau » ; vue 202/402, folio 51v, acte en marge « B. Jean André Taschereau » ; vue 276/402, folio 30, acte en marge « B. Michel Taschereau » ; Saint-Pierre-le-Puellier, collection communale — BMS 1691-1700, 6NUM7/261/012, vue 125/350, acte en marge « Ceremonie Bapt. de Thomas Jacque Taschereau, 19 » ; BMS 1681-1691, 6NUM7/261/011, vue 48/474, acte en marge « B. Jean Taschereau » ; Fichier Origine (fiche 243890), TASCHEREAU / SAPAILLÉ (de), Thomas-Jacques — mise à jour du 04-12-2024

    • Randolph-Isham Routh en Irlande pendant la Grande Famine, 1845-1848 Randolph-Isham Routh

      Randolph-Isham Routh

      Randolph-Isham Routh, commissaire général de l'armée britannique et beau-frère du futur cardinal Elzéar-Alexandre Taschereau, fut en poste en Irlande de novembre 1845 à novembre 1848, et il y rendit de grands services pour enrayer la famine. Le mildiou avait détruit la récolte de pommes de terre, dont un tiers des Irlandais dépendait exclusivement pour se nourrir, et la famine qui suivit tua environ un million de personnes et en poussa deux millions à s'expatrier, beaucoup vers le Canada. Routh connaissait ce pays-là : il y avait passé seize ans, et y avait épousé, à Québec, le 16 janvier 1830, Marie-Louise Taschereau. La reine Victoria le récompensa en 1848 en le faisant commandeur de l'ordre du Bain.

      La source ne dit pas ce que Routh fit en Irlande ni sous quelle autorité : elle ne porte que ses dates de service, la mention de grands services rendus, et la récompense de 1848.

      Roy, La famille Taschereau, p. 114 (feuillet 145) ; p. 113 (feuillet 144) ; Dictionnaire biographique du Canada, DBC, vol. VIII, notice « ROUTH, sir RANDOLPH ISHAM » (routh_randolph_isham_8)